<HTML><HEAD><META HTTP-EQUIV="Content-Type" CONTENT="text/html; charset=iso-8859-1"><META NAME="Generator" CONTENT="Microsoft Word 97/98"><TITLE>019-Salvatico</TITLE></HEAD><BODY><B><FONT FACE="Times" SIZE=7 COLOR="#ff0000"><P ALIGN="CENTER">Jean SALVATICO</P></FONT><FONT FACE="Times" SIZE=6 COLOR="#000080"><P ALIGN="CENTER">**</P></FONT><FONT FACE="Times"><P>019</P></FONT><FONT FACE="Times" SIZE=7 COLOR="#ff0000"><P ALIGN="CENTER">JOAQUIN GROSO</P></FONT><FONT FACE="Times" SIZE=6 COLOR="#000080"><P ALIGN="CENTER">**</P></FONT><FONT FACE="Times" SIZE=7 COLOR="#000080"><P ALIGN="CENTER"></P></FONT><FONT FACE="Times" SIZE=7 COLOR="#ff0000"><P ALIGN="CENTER">BATAILLON "CORNICHE 22"</P></FONT><FONT FACE="Times" SIZE=4 COLOR="#000080"><P ALIGN="CENTER">Avec la First Special Service Force dans les Alpes-Maritimes</P></FONT><FONT FACE="Times" SIZE=5 COLOR="#ff0000"><P ALIGN="CENTER"></P><P ALIGN="CENTER">GUERRE 1939 - 1945</P></FONT><FONT FACE="Times" COLOR="#ff0000"><P ALIGN="CENTER"></P></FONT><FONT FACE="Times" SIZE=4 COLOR="#ff0000"><P ALIGN="CENTER">&nbsp;</P><P ALIGN="RIGHT">NICE - Juin 1986</P></B></FONT><FONT FACE="Times"><P ALIGN="CENTER"></P><P ALIGN="CENTER">&nbsp;</P><P ALIGN="CENTER">&nbsp;</P><P ALIGN="CENTER">&nbsp;</P></FONT><B><FONT FACE="Times" SIZE=6 COLOR="#ff0000"><P ALIGN="CENTER">Analyse du t&eacute;moignage</P></B></FONT><FONT FACE="Times" COLOR="#ff0000"><P ALIGN="CENTER"></P></FONT><FONT FACE="Times" SIZE=4><P ALIGN="CENTER">&Eacute;criture&nbsp;: 1986 - 19 pages</P></FONT><FONT FACE="Times" COLOR="#ff0000"><P ALIGN="CENTER"></P><P ALIGN="CENTER">&nbsp;</P></FONT><B><FONT FACE="Times"><P ALIGN="CENTER">&nbsp;</P><P ALIGN="CENTER">&nbsp;</P></FONT><FONT FACE="Times" SIZE=4 COLOR="#0000ff"><P ALIGN="CENTER">POSTFACE de Michel EL BAZE</P></FONT><FONT FACE="Times"><P>&nbsp;</P></B></FONT><FONT FACE="Times" SIZE=4><P ALIGN="JUSTIFY">Septembre 1944.</P><P ALIGN="JUSTIFY">L'Allemand occupe toujours notre d&eacute;partement et c'est alors que Jean Salvatico qui appartient au Groupe Alpin Sud de l'Arm&eacute;e des Alpes rejoint la First Special Service Force U.S. Avec laquelle il participera &agrave; l'expulsion des Occupants du d&eacute;partement.des Alpes-Maritimes.</P></FONT><FONT FACE="Times"><P ALIGN="JUSTIFY"></P><P ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;</P><DIR><DIR><DIR></FONT><FONT FACE="Times" SIZE=4><P ALIGN="JUSTIFY">September 1944.</P><P ALIGN="JUSTIFY">The Germans still occupy our department, and it is then, that Jean Salvatico who belongs to the "Groupe Alpin Sud" of the Army of the Alps joins the First Special Service Force US. with which he will take part in the expulsion of the occupying forces from the Department of the Alpes Maritimes.</P></FONT><FONT FACE="Times"><P ALIGN="JUSTIFY"></P><B><P ALIGN="RIGHT">&nbsp;</P></B><P ALIGN="CENTER">&nbsp;</P><P ALIGN="CENTER">&nbsp;</P></DIR></DIR></DIR></FONT><B><FONT FACE="Times" SIZE=4 COLOR="#0000ff"><P ALIGN="CENTER">PR&Eacute;FACE DE MICHEL EL BAZE</P></FONT><FONT FACE="Times" SIZE=4><P ALIGN="CENTER">**</P></B></FONT><FONT FACE="Times"><P ALIGN="JUSTIFY"></P><P ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;</P></FONT><FONT FACE="Times" SIZE=4><P ALIGN="JUSTIFY">&quot;Humble inconnu&quot; comme tant d'autres combattants, Jean Salvatico t&eacute;moigne d'actes &quot;ordinaires&quot; accomplis pour la lib&eacute;ration de son pays.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Et cependant</P><P ALIGN="JUSTIFY">Que de p&eacute;rils affront&eacute;s qu'il ne d&eacute;crit pas mais que l'on sent dans la trame de son r&eacute;cit qui se veut simple, vrai et qui contribue &agrave; l'&eacute;criture de l'Histoire de la Lib&eacute;ration de notre d&eacute;partement des Alpes-Maritimes.</P></FONT><FONT FACE="Times"><P>&nbsp;</P><DIR><DIR><DIR></FONT><FONT FACE="Times" SIZE=4><P ALIGN="JUSTIFY">"Humble and unknown", just like so many fighters, Jean Salvatico bears testimony of "ordinary" acts, carried out for the liberation of his country. </P><P ALIGN="JUSTIFY">And yet.</P><P>How many dangers did he face that he does not describe, but that we feel in the essence of his story, that claims to be simple, true and which contributes to the writing of the history of the liberation in our Department the Alpes Maritimes.</P></FONT><FONT FACE="Times"><P>&nbsp;</P><B><P ALIGN="CENTER">&nbsp;</P></DIR></DIR></DIR></FONT><FONT FACE="Times" SIZE=4 COLOR="#000080"><P ALIGN="RIGHT">D&Eacute;DICACE</P></B></FONT><FONT FACE="Times" SIZE=4><P ALIGN="RIGHT">Ce r&eacute;cit est d&eacute;di&eacute; &agrave; la m&eacute;moire</P><P ALIGN="RIGHT">du Lieutenant TROJANI, du Sergent GERMANO</P><P ALIGN="RIGHT">et &agrave; tous les morts du Bataillon,</P><P ALIGN="RIGHT">et d&eacute;di&eacute; aussi &agrave; mon compagnon</P><P ALIGN="RIGHT">Grosso JOAQUIN,</P><P ALIGN="RIGHT">&agrave;</P><P ALIGN="RIGHT">Ma femme Ir&egrave;ne,</P><P ALIGN="RIGHT">Mes enfants Andr&eacute; et Marie,</P><P ALIGN="RIGHT">Mes petits enfants Sylvie et Fr&eacute;d&eacute;ric</FONT><FONT FACE="Times">.</P><P ALIGN="RIGHT"></P><P ALIGN="RIGHT">S J</P><P>&nbsp;</P><P>&nbsp;</P></FONT><B><FONT FACE="Times" SIZE=6 COLOR="#0000ff"><P ALIGN="CENTER">LA M&Eacute;MOIRE</P></B></FONT><FONT FACE="Times"><P>&nbsp;</P><B><P ALIGN="CENTER">&nbsp;</P><P ALIGN="CENTER">&nbsp;</P><P ALIGN="CENTER">&nbsp;</P></FONT><FONT FACE="Times" SIZE=6 COLOR="#ff0000"><P ALIGN="CENTER">LE BATAILLON HOCHCORN</P></FONT><FONT FACE="Times" SIZE=6><P ALIGN="CENTER"></P><P ALIGN="CENTER">**</P></B></FONT><FONT FACE="Times"></FONT><FONT FACE="Times" SIZE=4><P ALIGN="JUSTIFY">L'humble inconnu du Groupement Alpin Sud, de l'Arm&eacute;e des Alpes est int&eacute;gr&eacute; au First-Sp&eacute;cial, Service Force U.S.</P></FONT><FONT FACE="Times"><P ALIGN="JUSTIFY"></P></FONT><FONT FACE="Times" SIZE=4><P ALIGN="JUSTIFY">Le Lieutenant Jean SALVATICO</P><P ALIGN="JUSTIFY">Chevalier de la L&eacute;gion d'Honneur</P><P ALIGN="JUSTIFY">Croix de Guerre 39/45</P><P ALIGN="JUSTIFY">Croix du Combattant Volontaire</P><P ALIGN="JUSTIFY">Croix du Combattant Volontaire de la R&eacute;sistance.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Raconte:</P></FONT><FONT FACE="Times"><P ALIGN="JUSTIFY"></P><P ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;</P></FONT><FONT FACE="Times" SIZE=4><P ALIGN="JUSTIFY">Je rejoins le Bataillon Corniche 22 en Septembre 1944, le Bataillon &eacute;tait cantonn&eacute;, plut&ocirc;t le P.C., &agrave; ROQUEBRUNE dans le ch&acirc;teau de la princesse OTTOBONI.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Les Compagnies de Combat &eacute;taient install&eacute;es dans diff&eacute;rents points du secteur de MENTON.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Personne &agrave; NICE ne se souciait de la 1&egrave;re Compagnie qui &eacute;tait en poste &agrave; CASTELLAR, le village le plus bombard&eacute; de FRANCE, ni du d&eacute;tachement qui &eacute;tait &agrave; CASTILLON pour aider. Les Am&eacute;ricains, voyant que les Jeeps ne gravissaient pas les montagnes avaient eu recours aux br&egrave;les des Alpins, mais les descendants des cow-boys avaient la sainte horreur des mulets et ce sont les Fran&ccedil;ais qui faisaient le boulot jusqu'&agrave; la lib&eacute;ration de SOSPEL.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Beaucoup furent bless&eacute;s dont mon ami le Sergent-Chef CREIGNON.</P></FONT><FONT FACE="Times"><P ALIGN="JUSTIFY"></P></FONT><FONT FACE="Times" SIZE=4><P ALIGN="JUSTIFY">Novembre 1944.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Mouvement sur MENTON, logement &agrave; l'h&ocirc;tel ALEXANDRA sur les hauteurs de la ville. A cette &eacute;poque le Bataillon se rassemble et devient le 22&egrave;me B.C.A. J'en suis tr&egrave;s heureux &eacute;tant chasseur de formation.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Dans la journ&eacute;e il faut apprendre &agrave; ces jeunes F.F.I. le m&eacute;tier de soldats. Etant un des rares Sous-Officier d'Active, je suis charg&eacute; de former les caporaux, c'est une mission excellente qui me procure une grande satisfaction.</P><P ALIGN="JUSTIFY">La nuit arrivant le Bataillon reprend son activit&eacute; de guerre : sa mission est d'occuper et surveiller la c&ocirc;te entre le port de MENTON et la pointe de CAP-MARTIN. Le P.C. de garde est situ&eacute; dans le petit fortin qui se trouve sur la jet&eacute;e du port. Les postes fixes de guet sont install&eacute;s tout le long du secteur, leur mission est d'interdire d'&eacute;ventuelles patrouilles ennemies de prendre pied sur la c&ocirc;te.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Un service de patrouille est assur&eacute; pour surveiller les intervalles entre les postes, surveillance aussi de l'int&eacute;rieur des terres, MENTON &eacute;tant une ville &eacute;vacu&eacute;e, seuls quelques civils sont autoris&eacute;s &agrave; y p&eacute;n&eacute;trer pour le gardiennage, mais la nuit venue, des signaux optiques se r&eacute;pondent de la ville &agrave; la fronti&egrave;re, conversations lumineuses que nous cherchons &agrave; localiser, d'o&ugrave; le danger quelquefois de p&eacute;n&eacute;trer dans des jardins abandonn&eacute;s, ce qui devait arriver.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Avec mon adjoint, le Sergent GERMANO, nous sautons une grille et traversons le jardin pour essayer de localiser une lumi&egrave;re ; soudain nous butons tous les deux, &eacute;tant de front, sur un fil de fer, nous avons la m&ecirc;me r&eacute;action, nos doigts glissent sur le fil de fer qui &eacute;tait encore contre nos jambes.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Nous avons compris.</P><P ALIGN="JUSTIFY">C'&eacute;tait le fil qui d'une simple traction devait faire sauter une mine bondissante. Le dispositif peut-&ecirc;tre &eacute;tait oxyd&eacute; par l'air marin et n'a pas fonctionn&eacute;. Nous nous repli&acirc;mes doucement sur l'ext&eacute;rieur, nous avons eu la " baraka ". Mais celle-ci a quitt&eacute; le Sergent GERMANO deux mois apr&egrave;s, cette fois cela a march&eacute; et il a &eacute;t&eacute; tu&eacute;.</P><P ALIGN="JUSTIFY">C'est au cours d'une de ces patrouilles que je devais capturer un Officier allemand de la Kriegsmarine. Je pense que ce fut le seul prisonnier de cette importance qui a pu &agrave; cette &eacute;poque &ecirc;tre captur&eacute;.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Il faut que j'ajoute aussi qu'&agrave; cette &eacute;poque, MENTON &eacute;tait bombard&eacute; nuit et jour et plut&ocirc;t la nuit, car l'artillerie allemande craignait les bateaux de l'escadre qui avec leurs canons auraient vite fait taire ces bouches &agrave; feu, et maintenant lorsque je me prom&egrave;ne sur le front de mer &agrave; MENTON ; je me souviens des plongeons que l'on faisait sur ce boulevard pour &eacute;viter les &eacute;clats.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Donc le 18 D&eacute;cembre 1944 j'&eacute;tais de patrouille de nuit. Le Commandant du d&eacute;tachement &eacute;tait confi&eacute; au Lieutenant BLONDEL dont j'&eacute;tais l'adjoint.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Dans le cadre de notre mission, il fallait prendre liaison avec le P.C. am&eacute;ricain. Apr&egrave;s avoir pris un caf&eacute;, quelquefois ils nous retenaient s'il y avait une escarmouche vers le pont SAINT-LOUIS.</P><P ALIGN="JUSTIFY">En t&ecirc;te de la patrouille, j'arrive au bas de l'escalier de la jet&eacute;e : apr&egrave;s avoir r&eacute;pondu aux sommations d'usage, je monte l'escalier qui conduisait &agrave; l'entr&eacute;e du fortin, je demande au chasseur s'il n'y a rien &agrave; signaler " R.A.S. " fut sa r&eacute;ponse.</P><P ALIGN="JUSTIFY">A ce moment j'entends un sifflement, je lui dis :</P><P ALIGN="JUSTIFY">- C'est &ccedil;a R.A.S. ?</P><P ALIGN="JUSTIFY">Il a un petit moment que j'entends siffler, je n'ai pas penser &agrave; le signaler.</P><P ALIGN="JUSTIFY">J'ai pens&eacute; et je le pense toujours que c'&eacute;tait la peur qui l'avait emp&ecirc;ch&eacute; d'aller voir et de ne rien dire. Deux jours apr&egrave;s l'interrogatoire du prisonnier, il nous avait dit qu'il voulait attirer la sentinelle pour la neutraliser, la peur a peut-&ecirc;tre sauv&eacute; la vie &agrave; mon chasseur.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Donc il y avait des sifflets, donc un homme, certainement un ennemi. Je rendis compte de suit au Lieutenant qui arrivait, je disposais un guetteur sur la jet&eacute;e, il ne voyait pas grand chose, la nuit &eacute;tait noire et il tombait un petit crachin, mais il pouvait entendre.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Je descendai sur le pont avec toute la patrouille derri&egrave;re moi, je me dirigeai vers la coupure de la jet&eacute;e d&eacute;molie par les Allemands lors de l'&eacute;vacuation de la ville, avec de l'eau jusqu'&agrave; la ceinture, je passe la coupure et je suis au bas des rochers de protection de la digue. L&agrave; j'entends un l&eacute;ger bruit, j'escalade les rochers sans trop faire de bruit.</P><P ALIGN="JUSTIFY">En arrivant presque au sommet, je marque un temps d'arr&ecirc;t et j'observe, il me semble voir une ombre qui cherche &agrave; voir d'o&ugrave; vient le bruit que j'avais fait au cours de mon escalade. Je respire un bon coup et revolver au poing, je m'&eacute;lance en criant sur l'ombre.</P><P ALIGN="JUSTIFY">L'homme fut surpris et je pus le d&eacute;sarmer sans difficult&eacute;, car il avait entendu le cliquetis des armes qui arrivaient derri&egrave;re moi.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Nous reprenons le chemin inverse, pour le ramener au fortin.</P><P ALIGN="JUSTIFY">En arrivant il fut entour&eacute; par nos hommes et l&agrave; voyant tous ces gens v&ecirc;tus comme pouvaient &ecirc;tre de F.F.I. barbus et un peu mena&ccedil;ants il craqua, on le relevait pour l'appuyer contre le mur et il tombait comme un pantin. J'oubliais de dire qu'en le d&eacute;sarmant, il avait dans la poche de sa combinaison une grenade, il n'avait pu s'en servir, il voulait la jeter dans les rochers mais comme il avait les doigts engourdis par le froid, il n'avait pu sortir le bouton de la boutonni&egrave;re, encore la " baraka ".</P><P ALIGN="JUSTIFY">Le Chef de Bataillon alert&eacute; arriva presque de suite ; accompagn&eacute; du Capitaine PALLUE, Adjudant-Major.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Au commandement du Chef de Bataillon le prisonnier se releva et voyant les galons sur les &eacute;paules, se raidit au garde-&agrave;-vous, et se pr&eacute;senta :</P><P ALIGN="JUSTIFY">- Lieutenant von MAUBEUGE de la Kriegsmarine !</P><P ALIGN="JUSTIFY">Un nom vraiment fran&ccedil;ais, certainement un descendant des protestants r&eacute;fugi&eacute;s en Prusse apr&egrave;s la R&eacute;vocation de l'Edit de NANTES.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Apr&egrave;s un bref interrogatoire, il fut emmen&eacute; au P.C. du Bataillon et puis au P.C. du groupe de Bataillon.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Les choses n'ont pas tra&icirc;n&eacute;. Le lendemain, une petite prise d'armes et le Lieutenant BLONDEL et moi f&ucirc;mes d&eacute;cor&eacute;s de la Croix de Guerre &agrave; l'Ordre du R&eacute;giment.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Convoqu&eacute; au P.C. du groupe, car le Colonel voulait avoir des d&eacute;tails sur la capture de cet Officier. Il releva ensuite que l'Allemand avait pass&eacute; quelques jours &agrave; MENTON pour tester le dispositif de d&eacute;fense. Le Commandement allemand avait l'intention de r&eacute;aliser un coup de main pour remonter le moral des troupes nazis. Il &eacute;tait au bord de mer pour attendre un petit sous-marin italien, il devait se mettre &agrave; califourchon dessus pour traverser la MORTOLA.</P><P ALIGN="JUSTIFY">L'engin a navigu&eacute; toute la nuit et au matin il a fait surface dans le port et il a &eacute;t&eacute; captur&eacute;.</P><P ALIGN="JUSTIFY">J'ai eu la mission de l'escorter jusqu'&agrave; NICE o&ugrave; avec le Lieutenant BLONDEL nous le remirent au C.A.S. Avant de le quitter nous avons eu le temps d'&eacute;changer quelques mots, et il regrettait bien d'avoir &eacute;t&eacute; captur&eacute; car sa mission termin&eacute;e il aurait eu une permission pour aller dans sa famille : " Das krieg ! ".</P></FONT><FONT FACE="Times"><P ALIGN="JUSTIFY"></P></FONT><FONT FACE="Times" SIZE=4><P ALIGN="JUSTIFY">Janvier 1945.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Le 22&egrave;me B.C.A. devient le 22/XV et voil&agrave; je suis d&eacute;sign&eacute; pour aller suivre les cours de l'Ecole de Cadres &agrave; PUGET-THENIERS, laissant la Compagnie de Commandement avec regret.</P></FONT><FONT FACE="Times"><P ALIGN="JUSTIFY"></P></FONT><FONT FACE="Times" SIZE=4><P ALIGN="JUSTIFY">F&eacute;vrier 1945.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Le Bataillon quitte MENTON pour la TINEE et le drame va fondre sur la Compagnie de Commandement.</P></FONT><FONT FACE="Times"><P ALIGN="JUSTIFY"></P><P ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;</P><P ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;</P><B><P ALIGN="CENTER">&nbsp;</P><P ALIGN="CENTER">&nbsp;</P></FONT><FONT FACE="Times" SIZE=6 COLOR="#ff0000"><P ALIGN="CENTER">L'ALPIN JOAQUIN GROSO</P><P ALIGN="CENTER">RACONTE&#133;</P></B></FONT><FONT FACE="Times" SIZE=6><P ALIGN="CENTER"></P><P ALIGN="CENTER">**</P></FONT><FONT FACE="Times"><P ALIGN="JUSTIFY"></P></FONT><FONT FACE="Times" SIZE=4><P ALIGN="JUSTIFY">Le 16 F&eacute;vrier 1945.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Venant de MENTON pour le secteur de la TINEE.</P><P ALIGN="JUSTIFY">D&eacute;placement effectu&eacute; par camion, arriv&eacute; &agrave; SAINT-SAUVEUR, nous prenons le repas de midi. D&eacute;part &agrave; 15 h et arriv&eacute;e &agrave; VALLABRE vers 16 h. Le jour commence &agrave; s'obscurcir. Le dispositif de s&eacute;curit&eacute; est mis en place : reconnaissance du terrain. L'Officier de Renseignement indique au Commandant de Compagnie le terrain min&eacute;. Ici tous les Feldgrau ont mis des mines. Un sentier conduisant &agrave; la rivi&egrave;re est libre.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Les cuistots demandent une corv&eacute;e d'eau pour pr&eacute;parer la soupe du soir, les hommes sont d&eacute;sign&eacute;s et plac&eacute;s sous le commandement du Sergent GERMANO.</P><P ALIGN="JUSTIFY">La corv&eacute;e se met en route et d&egrave;s qu'elle fut pr&egrave;s de la rivi&egrave;re le drame survint : un pied se posa sur une mine et une explosion formidable retentit. Le Sergent GERMANO prit toute la charge dans le dos, il murmura le mot " Maman ! " et ce fut fini.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Un autre Alpin, je crois qu'il s'appelait FRANCONI, &eacute;tait mort aussi.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Quand &agrave; moi j'avais le corps tout ensanglant&eacute;, j'&eacute;tais devenu sourd et je remonte le plus vite possible vers la route, les secours s'organisent et une panique r&egrave;gne. Tout le monde veut se porter au secours des copains et les mines sautent de nouveau faisant encore des morts et 3 ou 4 bless&eacute;s.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Le Lieutenant TROJANI se met au milieu de la route et revolver au poing interdit aux Alpins de la traverser. Alors, le calme revenu, d'infinies pr&eacute;cautions, et l'aide des artificiers on remonte les morts et les bless&eacute;s que l'on emm&egrave;ne de suite &agrave; SAINT-SAUVEUR.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Les bless&eacute;s sont pans&eacute;s et les morts sont &agrave; l'&eacute;glise o&ugrave; une chapelle ardente est am&eacute;nag&eacute;e.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Les ambulances arrivent et on nous dirige sur l'h&ocirc;pital PASTEUR.</P><P ALIGN="JUSTIFY">La Compagnie a pay&eacute; son tribut &agrave; la grande faucheuse.</P></FONT><FONT FACE="Times"><P ALIGN="JUSTIFY"></P></FONT><FONT FACE="Times" SIZE=4><P ALIGN="JUSTIFY">Avril 1945.</P><P ALIGN="JUSTIFY">R&eacute;organisation dans le cadre de l'Arm&eacute;e des Alpes, le 22/XV devient le 2&egrave;me Bataillon du 3&egrave;me R.I.A. et la Compagnie de Commandement la Compagnie Mitrailleuse.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Je rejoins la Compagnie &agrave; BELVEDERE, heureux de retrouver mes camarades, mais malheureux du vide dans les rangs.</P><P ALIGN="JUSTIFY">L'ambiance est au d&eacute;part pour l'inconnu, vers la bataille finale. Une derni&egrave;re lettre &agrave; la maison et&#133; d&eacute;part.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Nous arrivons le soir dans les granges au pied du Col de Raus. Le bombardement a&eacute;rien fait rage. Une section est affect&eacute;e &agrave; la Compagnie MULLER. Les pi&egrave;ces sont sur deux mulets, confi&eacute;s &agrave; deux bons paysans qui sont vraiment heureux d'&ecirc;tre dans leur milieu.</P><P ALIGN="JUSTIFY">La nuit arrive, il faut dormir. Malgr&eacute; la fatigue personne ne dort, et voil&agrave; les cris, les disputes. A ce train-l&agrave; demain j'aurai une section de fant&ocirc;mes. Les nerfs l&acirc;chaient.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Une id&eacute;e me vint.</P><P ALIGN="JUSTIFY">J'avais un Alpin marseillais un peu " marlou " mais qui avait une voix tr&egrave;s m&eacute;lodieuse. Je lui demandai de chanter, il s'ex&eacute;cuta. Il chanta une chanson &agrave; la mode : " 12 Mai ". D&egrave;s les premi&egrave;res notes la tension se calma, et comme les enfants &agrave; la fin de la chanson, tout le monde dormait.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Le r&eacute;veil ce ne fut pas le clairon, mais l'artillerie fran&ccedil;aise qui pilonnait l'AUTHION.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Voici l'ordre de d&eacute;part.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Direction le Col de Raus. Une heure de marche, et les hommes sont confront&eacute;s &agrave; la guerre.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Nous marchons dans un sentier au milieu d'un champ de mines, le sentier &eacute;tait jalonn&eacute; par des bandes blanches. Un commandement de serrer &agrave; gauche et une colonne de prisonniers emmenant sur des civi&egrave;res les premiers bless&eacute;s. Des hommes sont impressionn&eacute;s par ces images douloureuses. A ce moment un de mes militaires laisse &eacute;chapper son br&ecirc;le qui stupidement file dans le champ de mines. Je retiens le militaire qui voulait r&eacute;cup&eacute;rer son bien, et nous voil&agrave; tous &agrave; plat ventre attendant une explosion, rien n'arrive heureusement. Le br&ecirc;le revient vers nous, et nous repartons pour le col.</P><P ALIGN="JUSTIFY">En arrivant au bas du col nous voyons les L&eacute;gionnaires du 13&egrave;me D M B L E. Toutes les cr&ecirc;tes sont &agrave; nous. On s'organise pour la journ&eacute;e et l'apr&egrave;s-midi je vais avec la section sur la Cime de THUOR.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Voyant d'en haut arriver la rel&egrave;ve, les recrues de la D.F.L. commencent &agrave; se profiler sur les cr&ecirc;tes. Cela n'&eacute;chappe pas aux Alpenjaeger qui commencent &agrave; tirer. Au moment o&ugrave; j'arrive au port une mitrailleuse lourde se met en action sur les Allemands qui sortent du Fort de Labaiss de SAINT-VERAN, et comme &agrave; l'exercice mettent en batterie un mortier de 81, et sous le feu de la mitrailleuse tirent quelques coups et disparaissent. Mais l'artillerie prend la suite, trois obus tombent &agrave; deux m&egrave;tres de moi dans un n&eacute;v&eacute; et n'&eacute;clatent pas. Encore une fois la " baraka ".</P><P ALIGN="JUSTIFY">Nous arrivons &agrave; la Cime de THUOR, mais pour arriver il faut passer &agrave; d&eacute;couvert et sous le feu, ou bien en contre-pente ou risque d'une glissade qui se terminerait cent m&egrave;tres plus bas.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Trois de mes hommes refusent de passer.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Pour leur &eacute;viter les foudres d'un refus d'ob&eacute;issance devant l'ennemi, je d&eacute;cide de les faire passer un par un les tirant par la main comme des enfants. Ils traversent en tremblant, nous arrivons sains et saufs, et je suis heureux quoique fatigu&eacute;, d'avoir pu emmen&eacute; mes trois " courageux ". Les emplacements de batterie sont termin&eacute;s et nous allons assister au bombardement de la FERCLAZ.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Nous devons enterrer car les batteries de 105 install&eacute;es dans la GORDELASQUE tirent courts et souvent les obus &eacute;cr&ecirc;tent au-dessus de nous.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Le lendemain c'est l'attaque.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Mais cela ne va pas tr&egrave;s fort et nous sommes impuissants devant l'&eacute;chec de nos troupes sur la pente abrupte comme des boules. Tout est &agrave; refaire.</P><P ALIGN="JUSTIFY">L'aviation reprend ses bombardements et elle met le paquet.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Toute la nuit c'est le feu d'artillerie et le matin le drapeau fran&ccedil;ais flotte sur l'ouvrage des trois communes et nous redescendons au repos &agrave; BELVEDERE. J'ai doubl&eacute; mon effectif br&ecirc;le.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Les autres Compagnies n'ont pas appliqu&eacute; ma m&eacute;thode de confier ces b&ecirc;tes &agrave; des gens de m&eacute;tier, aussi j'ai vu arriver deux br&ecirc;les venus vers leur Compagnie qui &eacute;taient bien soign&eacute;es, cela a soulag&eacute; la section, car tous les sacs ont &eacute;t&eacute; charg&eacute;s sur les b&acirc;ts.</P><P ALIGN="JUSTIFY">A BELVEDERE, en premier lieu, s&eacute;ance de d&eacute;pouillage.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Comme nos p&egrave;res en 1914-18 nous faisons connaissance avec les totos. C'est pour moi un moment de d&eacute;prime, chacun cherche &agrave; partir quelques heures &agrave; la maison, et un drame arriva : un F.F.L. prend dans son doodge quelques soldats et &agrave; PLAN-DU-VAR, il saute dans le fleuve. Beaucoup de morts, quatre pour la Compagnie.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Nous remontons deux jours apr&egrave;s.</P><P ALIGN="JUSTIFY">De nouveau le RANS mais cette fois-ci, vers la fronti&egrave;re le MACRUERA, qui domine la Vall&eacute;e des Merveilles.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Apr&egrave;s une dure ascension nous voici sur le plateau. Quel magnifique panorama, les lacs le BEGO, le DIABLE et plus loin CASTERINO.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Mise en batterie des pi&egrave;ces de mitrailleuse. Nous avons sur le point d'appui le mortier de 81 mm et pour une fois la radio qui nous relie au Bataillon. La vie s'organise, peu de ravito, il faut faire fondre la neige dans nos casques, pour avoir un peu d'eau, et l'on voit l'ing&eacute;niosit&eacute; U.S., le carton des rations sert &agrave; faire bouillir l'eau.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Ce matin une surprise :</P><P ALIGN="JUSTIFY">Voici l'Abb&eacute; CAURET, l'aum&ocirc;nier du r&eacute;gime vient nous dire la messe. L'autel, un rocher abrit&eacute; face &agrave; l'ITALIE, c'est tr&egrave;s &eacute;mouvant, nous prions, et je vois quelques-uns de mes hommes qui ne croient pas, sont quand m&ecirc;me l&agrave; comme nous et je pense qu'ils prient aussi.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Alerte, une colonne descend du BEGO.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Amis ou ennemis.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Voil&agrave; que l'on voit l'utilit&eacute; de la radio, toutes les Compagnies, sont contact&eacute;es, personne de chez nous donc des ennemis.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Aussit&ocirc;t les mitrailleuses se mettent &agrave; tirer, les ennemis trouvent refuge dans la maison des digues des lacs, aussit&ocirc;t le mortier entre en action, la maison est touch&eacute;e et plus personne. On ne saura jamais.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Les jours et les nuits s'&eacute;coulent monotones, on sent la fin et puis un matin nous pensions faire un bond en avant vers TENDE, c'&eacute;tait pour nous la r&eacute;compense de toutes nos peines, nos deuils.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Le Commandement en a d&eacute;cid&eacute; autrement, la rel&egrave;ve arrive et ce sont les tirailleurs du 29&egrave;me R.T.A. qui ont pass&eacute; l'hiver sur la c&ocirc;te et vont aller lib&eacute;rer TENDE.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Ironie du sort quelques mois plus tard, je suis affect&eacute; &agrave; ce R&eacute;giment, et je retrouve ainsi les Sous-Officiers qui nous avaient relev&eacute;.</P><P ALIGN="JUSTIFY">Retour &agrave; SAINT-MARTIN-VESUBIE pour la Compagnie Mitrailleuse.</P></FONT><FONT FACE="Times"><P ALIGN="JUSTIFY"></P></FONT><FONT FACE="Times" SIZE=4 COLOR="#008000"><P ALIGN="RIGHT">La guerre est finie.</P></FONT><FONT FACE="Times"><B><P>&nbsp;</P></B></FONT></BODY></HTML>