061 - Jacqueline THIRION -:

LE PRINTEMPS REFLEURIRA

GUERRE 1939 / 1945 - Résistance - Déportation en Allemagne

Écriture : 1989 - Édition Avril 1989 - 74 Pages

 

Préface de André AUROUSSEAU

Président-Général de Résistance-Fer

 

Jacqueline Alexandre, qui sous l'Occupation travaillait à l'Administration civile de Saint-Quentin, a commencé la Résistance avec ses cousins et les F.F de Fonsomme, petite commune de l'Aisne. Elle assurait des missions de liaison, participait à la distribution de tracts et de journaux clandestins et établissait de faux bons de distribution de charbon au profit des Français.

Admise à la S.N.C.F. à Hirson en Décembre 1943, alors qu'elle venait d'avoir 20 ans, elle se trouva dans un milieu particulièrement actif sur le plan de la Résistance et put poursuivre son action clandestine.

Si les cheminots furent les premiers au combat, la raison en est bien simple.

Dès la signature de l'Armistice, ils sont confrontés au problème des prisonniers évadés, puis à celui que pose la fuite des réfugiés politiques, des Juifs, puis des aviateurs Alliés abattus par la Da. Ils constatent que grâce à l'indemnité de guerre mise à la charge de la France, le pays est vidé de sa substance. Ils voient les wagons de charbon destinés à la sidérurgie allemande quitter la France. Ils voient les wagons de pommes de terre et de ravitaillement de toute sorte partir pour l'Allemagne, les usines pillées des meilleures machines-outils, leurs locomotives partir vers le Grand Reich.

Ils sont donc les premiers à s'opposer au pillage de l'Occupant. Ils détournent des wagons de vivres, de matériel et c'est à cette occasion qu'est prononcée le 3 Août 1940 - je dis bien le 3 Août 1940 - la première condamnation à mort d'un sous-chef de gare par la Kommandantur de Poitiers.

Lorsque Jacqueline Alexandre arrive à Hirson, elle est immédiatement contactée par des représentants du Front National. Son nouvel emploi de téléphoniste lui permet en particulier de connaître les échanges de dépêches concernant les mouvements de troupe, les garages où sont rassemblés les trains de matériel et de munitions, où sont formées les rames pour le transport des troupes.

Ces renseignements rapidement exploités permettent d'obtenir des bombardements très destructeurs.

Á ce sujet, je tiens à rappeler ce qu'il fallait d'esprit de sacrifice aux cheminots pour appeler le feu du ciel sur leur lieu de travail et souvent même sur leur lieu de résidence, car beaucoup d'entre eux habitaient dans l'enceinte des chemins de fer, que ce soient les gares ou les dépôts de locomotives.

Des milliers d'entre eux sont morts sous les bombardements des Moskitos, des Forteresses Volantes ou sous le feu des canons de 20 mm. des avions Lightning.

Ce n'est pas faire offense aux Français de rappeler qu'à cette époque il y en a bien peu qui ont volontairement pris les mêmes risques et fait preuve du même courage.

Voici donc notre amie Jacqueline engagée de nouveau dans le combat clandestin.

Mais un traître, Winkenden, né d'un père anglais et d'une mère française, qui avait opté pour la France mais souhaitait la victoire de l'Allemagne, avait réussi à s'infiltrer dans la Résistance.

Après le bombardement d'un train de munitions et du buffet de la gare d'Hirson où tout un état-major allemand fut exterminé, bombardement suivi 8 jours plus tard du bombardement de la gare d'Aulnoye, Winkenden dénonça au capitaine Baucklock de la Gestapo de Saint-Quentin et fit arrêter le 17 Avril 1944, Jacqueline Alexandre, Robert Leroy, Jean Lechat, Moïse Cavillon.

Notre amie se vit reprocher d'être à l'origine des bombardements meurtriers d'Hirson et d'Aulnoye. Le Capitaine Baucklock lui promet la liberté si elle livre les noms de ses complices et donne l'emplacement du poste-émetteur, emplacement qu'elle ne connaît d'ailleurs pas. Finalement elle est condamnée à mort.

Le débarquement du 6 Juin devait lui éviter le peloton d'exécution.

Embarquée dans un convoi de camions elle fut internée au fort de Romainville. Par la suite, elle devait connaître Neu-Bremm, Ravensbrück, puis le Commando Disciplinaire de Neubrandenburg, ces lieux maudits où, comme l'a si bien dit André Malraux, "Pour la première fois l'Homme a donné des leçons à l'Enfer". Atteinte du typhus et d'un début de gangrène à la main droite, elle fut admise au "Revier" le 27 Mars 1945.

Le 27 Avril au petit matin, toutes les déportées y compris les malades furent conduites à coups de crosse sur la place d'appel.

Ensuite notre amie, dans un état que les mots sont impuissants à décrire et que ceux qui n'ont pas connu l'univers concentrationnaire ne peuvent imaginer, se retrouva dans une colonne en route pour une destination inconnue, soutenue et presque portée par Simone, une soeur de misère connue à la prison de Saint-Quentin. Cette colonne se déplaçait difficilement au milieu d'une foule affolée de civils et de soldats qui fuyaient devant l'avance russe.

L'Oberaufseherin, qui seule des gardiennes avait conservé son uniforme, abattait les malheureuses qui ne pouvaient plus avancer.

Le soir venu Simone et Jacqueline, reculant progressivement, étaient arrivées en queue de colonne. Profitant d'un encombrement et de l'absence de l'Ober remontée vers le milieu de la colonne, Simone poussa notre amie dans un fossé et se coucha sur elle. Puis, la colonne s'étant éloignée, elles purent rejoindre pour la nuit une meule de foin déjà fortement occupée et, le matin venu, une porcherie dans une ferme où se trouvaient déjà de nombreuses femmes russes.

C'est de là que deux jours plus tard, le 29 Avril, elles virent arriver les troupes russes mais ne pouvant marcher, il fallait attendre du secours.

Le 2 Mai un groupe d'une douzaine de prisonniers de guerre, qui avaient récupéré un petit chariot tiré par deux boeufs, arriva à la ferme. Craignant la contagion, ils ne proposèrent qu'à Simone de l'emmener. Elle refusa.

Ce groupe continua donc sa route après avoir laissé du ravitaillement. Le plus jeune, nommé Thirion, réussit à persuader ses camarades de sauver ces deux Françaises abandonnées, dont l'une au moins était vouée à la mort. Une heure plus tard, ce curieux équipage revint. Le chariot, muni cette fois d'un matelas, tint lieu d'ambulance et l'espoir de survivre était de nouveau permis.

Le 25 Octobre 1947 le jeune Thirion épousait Mademoiselle Jacqueline Alexandre.

Malgré des soins médicaux ininterrompus, notre amie n'a jamais recouvré la santé, et puis la guerre a marqué son passage.

Ses camarades des Forces Françaises de l'Intérieur de Fonsomme sont morts en déportation, un de ses cousins âgé de 20 ans a été tué au cours de la libération de Saint-Quentin, le 2ème entré dans la Résistance à l'âge de 15 ans s'était engagé pour la durée de la guerre. Il a été tué en Indochine.

Malgré son courage et sa volonté de faire face, elle ne peut assurer normalement son travail et, le 12 Février 1959, le Service Médical de la S.N.C.F. prend la décision de la mettre à la réforme en précisant, prudence administrative oblige : "Réformée pour invalidité ne résultant pas de l'exercice de ses fonctions".

Jacqueline Thirion, Caporal de la Résistance Intérieure Française, est décorée de la Croix de Guerre avec Palme, de la Médaille Militaire. Nommée Chevalier de la Légion d'Honneur en Juin 1960, elle est élevée au grade d'Officier par décret du 9 Novembre 1983.

Son grade de Caporal et les 23 ans écoulés entre sa nomination de Chevalier et celle d'Officier dans l'Ordre de la Légion d'Honneur, montrent à ceux qui pourraient encore en douter, qu'il n'y a pas que des Colonels à six galons dans la Résistance et qu'elle n'est pas de ceux qui ont obtenu facilement une promotion dans notre Ordre National le plus prestigieux.

Ma Chère Jacqueline, tu viens encore de subir des traitements longs et pénibles. Tu l'as fait avec ta détermination habituelle et ton indomptable volonté.

Depuis ton retour des camps de la mort, malgré ton état de santé, tu as toujours milité dans les différentes Associations d'Anciens Combattants : Croix de Guerre, Médaillés Militaires, Décorés de la Légion d'Honneur. Tu as montré par ton inlassable activité au service de ces Associations que tu avais conscience que ceux qui sont titulaires de cette prestigieuse décoration qu'est la Légion d'Honneur devaient amplifier le capital d'héroïsme qu'elle représente depuis sa fondation.

Ta promotion au grade d'Officier te confère une autorité nouvelle qui par ces temps d'incivisme sera mise à rude épreuve. Á mesure que le temps passe et que les témoins de notre combat disparaissent, les Résistants sont de plus en plus les témoins d'attaques qui de sournoises au début s'expriment maintenant au grand jour.

Á ceux qui revendiquent indûment le titre de déportés, il faut rappeler sans cesse ces vers de Vercors :

Le jour

Où les peuples

Auront compris qui vous étiez

Ils mordront la terre

De chagrin et de remords

Ils l'arroseront

De leurs larmes

Et ils vous élèveront

Des temples

Hélas, il ne semble pas que ce jour soit arrivé.

On voit au contraire des êtres méprisables : Coluche, Balavoine, Maître Verjès, avoir largement accès à une télévision sans scrupule pour insulter les Veuves, les Anciens Combattants et les Résistants.

On voit aussi certains nous reprocher d'avoir pris les armes et d'être ainsi en rébellion contre le pays légal dirigé par le Maréchal Pétain, Chef de l'État Français. Mais, lorsque ces censeurs ont été mobilisés après le débarquement des Alliés en Afrique du Nord, le Maréchal Pétain que je sache, était encore Chef de l'État Français. Alors, où est la différence avec nous ? - J'en vois une :

Au début de l'Occupation, c'est dans l'isolement, dans la solitude de notre conscience que nous, nous avons pris les armes contre l'ennemi et ceci contre toute raison apparente et même contre le sentiment général. Il fallait un certain courage pour le faire !

Notre combat qui a contribué plus particulièrement à la réussite du Débarquement a été reconnu par les plus hautes autorités françaises et alliées et mille six cents de nos camarades ont été décorés pour faits de guerre, dès la Libération :

4 de la Cravate de Commandeur de la Légion d'Honneur

36 de la Rosette d'Officier

127 de la Croix de Chevalier

102 de la Médaille Militaire

550 de la Croix de Guerre

750 de la Médaille de la Résistance

100 de la Rosette de la Résistance

Le Général de Gaulle qui pourtant n'était pas prodigue dans l'octroi des distinctions, a cité notre organisation à l'Ordre de l'Armée et lui a attribué la Croix de Guerre avec Palme. Le Général Koenig dont la victoire de Bir Hakeim fit dire à de Gaulle : "Quant à Bir Hakeim, un rayon de gloire renaissante est venu caresser le front sanglant de ses soldats, le monde a reconnu la France" le Général Koenig dis-je, a décoré notre drapeau de la Médaille de la Résistance avec Rosette.

Malgré ces distinctions, les cheminots résistants n'ont rien perdu de leur modestie et, la guerre terminée, ils ont simplement repris le travail avec courage pour reconstruire un réseau très éprouvé.

Est-il nécessaire de rappeler que le 6 Juin 1944, à la suite des sabotages et des bombardements, les destructions intéressaient déjà :

10143 locomotives à vapeur

124 locomotives électriques

198286 wagons

2412 ponts

43 tunnels

Nous n'avons pas profité de notre combat pour revendiquer des grades abusifs. J'ai regardé de nouveau les fiches de nos camarades et j'ai relevé environ :

80 % de Deuxième Classe

12 % de Caporaux

Quelques sous-officiers

6 % de sous-lieutenants, principalement parmi les Déportés.

Quant à ceux qui ont eu un grade supérieur à sous-lieutenant, il s'agit pratiquement toujours d'Ingénieurs Officiers de Réserve mobilisés en 1939 avec le grade de Lieutenant ou de Capitaine.

Nous pouvons donc proclamer bien haut que nous avons eu un comportement responsable, aussi bien après la guerre que pendant notre combat.

Comme je le disais tout à l'heure, ta promotion ma Chère Jacqueline, te confère une autorité nouvelle pour défendre notre spécificité et la mémoire de nos frères disparus :

1156 morts sans sépulture dans les camps sur 2480 victimes de l'univers concentrationnaire

554 fusillés et 45 morts dans les prisons des suites des tortures.

Pour conclure, je dirai simplement qu'à Résistance-Fer, où nous avons conservé le culte du souvenir et où notre activité sociale est exemplaire, nous sommes fiers de te compter parmi nos camarades de combat et nous proclamons hautement que tu as bien mérité cette Croix d'Officier de la Légion d'Honneur.

 

Jacqueline Alexandre who worked in the Civil service in Saint Quentin during the occupation, started in the Resistance with her cousins and the F.F. of Fonsomme, a small town in the Aisne. She was taking care of liaison missions, taking part in the distribution of clandestine tracts and newspapers, and making forged coal distribution vouchers to the benefit of the French.

Admitted in the SNCF in Hirson in December 1943, while she had just turned twenty, she found herself in a particularly active environment as regards the resistance, and was able to continue her clandestine action.

If the railwaymen were the first to join the fight, it is for a very simple reason.

Right after the signature of the Armistice they are faced with the problem of runaway prisoners, then to the problem posed by the flight of the political refugees, of the Jews, then of the allied pilots brought down by the DA. They realise that because of the war indemnity levied against France, the country is drained of its substance. They see freight wagons of coal sent to the German steel industry. They see freight wagons of potatoes and of all sorts of supplies leave for Germany, the factories are looted of their best machine-tools, their locomotives going towards the great Reich.

So they are among the first to stand up against the looting from the occupying forces. They divert freight wagons of supplies and goods, and it is in this occasion that on the 3rd of august 1940, I repeat the 3rd of august 1940, the first death sentence against a assistant station master by the Kommandantur in Poitiers.

When Jacqueline Alexandre gets into Hirson, she is immediately contacted by representatives of the Front National. Her new job as a telephonist gives her the opportunity especially to know the messages exchanged regarding the movements of the troops, the garages where the goods and ammunition trains are gathered, the places where the trains meant to carry the troops are assembled.

Those informations rapidly processed helped produce very destructive bombardments.

In that respect, I would like to remind the readers of the spirit of sacrifice it took to the railwaymen to call upon their work place the fire from the sky, and very often upon their residence, for many of them lived within the walls of the railways equipments, whether it was in the stations or in the locomotive garages.

Thousands of them died under the bombs of the Moskitos, of the Flying Fortress, or under the fire of the 20mm guns of the Lightning aeroplanes.

I do not regard it as an offence to the French people bring back to mind the fact that at the time very few willingly took the same risks and showed the same courage.

So, here we see our friend Jacqueline involved again in the clandestine fight.

A traitor though Winkenden, born from a English father and a French mother but supported the victory of Germany had managed to slip into the Resistance.

After the bombing of a train of ammunitions and of the bar at the Hirson station in which all of the German high commandment was exterminated, this bombardment was followed eight days later by the bombing of the Aulnoye station, Winkenden gave up to Captain Baucklock of the St Quentin Gestapo and had the following people arrested on the 17th of April, Jacqueline Alexandre, Robert Leroy, Jean Lechat, Moïse Cavillon.

Our friend was reproached with the fact of being the origin of the disastrous bombing of Hirson and Aulnoye. Captain Baucklock promised to her that she would be free if she gives up the names of her accomplices and indicates the location of the radio transmitter, this location she does not know anyway. Eventually she is sentenced to death.

The landing of the 6 th of June was to avoid her the firing squad.

Taken with a convoy of trucks, she got locked in the Fort de Romainville, afterwards she got to know Neu-Bremm, Ravensbrück, then the disciplinary commandos of Neubrandenburg, those dreadful places where, as Malraux put it, for the first time man taught lessons to Hell. Affected by typhus and gangrene on her right hand she got sent to the "Revier" on the 27 th of march 1945.

On the 27th of April at daybreak all the deportees including the sick were led kicked with the butts of the guns on the place of call.

Afterwards our friend, in a state that words cannot describe, and that those who have not known the universe of concentration camps cannot imagine, found herself in a column bound for an unknown destination, upheld, almost carried by Simone, a companion of misery that she had met at the prison of Saint Quentin. This column was progressing with difficulty in the midst of a distraught crowd made up of civilians and soldiers who were fleeing in front of the Russian onslaught.

The Oberaufseherin who was the only one of the wardens to have kept her uniform would shoot down the poor souls who could not go any further.

After nightfall Simone and Jacqueline going gradually backward, had reached the end of the queue. They took advantage of a jam and of the absence if the Ober who had gone up to the middle of the column, Simone pushed our friend in a ditch and lay down on her. Then as the column had moved away from them for the night, they could get to a hay stack which was already heavily populated, and in the morning they got to a pigsty and a farm where many Russians women were already present.

It is from this place that two days later, on the 29 ht of April they saw the arrival of the Russian troops, but as they could not walk, they had to wait for some help.

On the 2nd of may a group of a dozen war prisoners that had got hold of a small cart drawn by two oxen got to the farm. As they were afraid of contagion, they only asked Simone if she wanted to come along with them. She refused.

This group[ therefore continued its way after leaving some supplies. the younger one named Thirion, managed to persuade his companions to save those two forlorn French girls, one of whom was doomed to certain death. One hour later this strange carriage came back, fitted with a mattress, it served as an ambulance, and the hope of surviving was again possible.

On the 25 th of October 1947, young Thirion married Mademoiselle Jacqueline Alexandre.

Despite the continuous medical treatment, our friend never recovered her health, and war marked its passage.

Her comrades from the French Forces died in deportation, one of her cousin died at the age of 20, during the liberation of St Quentin; the second one who had joined the Resistance movement at the age of 15 had enlisted for the whole duration of the war. He got killed in Indochina.

Despite her courage, and her will power to go forward, she cannot carry on normally with her work, and on the 12 th of February 1959, the medical service of the SNCF take the decision of discharging her stressing with caution: "discharged because of disabilities not resulting from the practise of her work".

Jacqueline Thirion, corporal of the Resistance Intérieure Française, is awarded the Croix de Guerre with palms of the Médaille Militaire. Nominated Chevalier of the Légion d’Honneur in June 1960, she is promoted to the rank of officer by decree on the 9 th of November 1983.

Her rank as a corporal and the 23 years that went by between her nomination as chevalier and that of officer of the legion of honour, shows to those who could still be in doubt, that there were not just high ranking colonels in the Resistance, and that she is not amongst those who easily got a promotion in our most prestigious order.

My dear Jacqueline, you have again gone through long and painful treatments. You did it with you usual determination and your extraordinary will power.

Since you came back from the death camps, and despite your poor health, you have always been active in the various associations of war veterans, Croix de Guerre, Médailles Militaires, Décorés de la Légion d'Honneur. You have shown through your relentless activity at the service of those associations that you realised that those who had received such prestigious decorations as the Légion d’Honneur had as their duty to amplify the capital of heroism that it has represented since its foundation.

Your promotion to the rank of officer gives you a new authority, which will be badly put to the test in those days of incivism. As time goes on and as the witnesses of our struggle disappear, the Resistants are more and more often faced with attacks which were covered at the beginning and are now fully expressed.

To those who unduly claim the title of deportee, they must endlessly be reminded of those verse from Vercors.

The day

When the people

Understand who you were

They will bite the dust

Out of sadness and remorse

They will water it

With their tears

And they will erect

Temples for you.

Unfortunately, it does not seem that this day has come about yet.

On the contrary we see despicable beings like Coluche, Balavoine, Maitre Verges having a wide access to an unscrupulous television to insult the widows the Veterans and the Resistants.

We also see some people reproaching us with the fact of having taken the arms against the legal country led by the Maréchal Pétain, head of the French state. But, when those censors were mobilised after the landing of the allied troops in north Africa, the Maréchal Pétain was still head of the French State as far as I know. So where was the difference with us ? I can see one :

At the beginning of the occupation, It is in complete isolation in the solitude of our conscience that we took the arms against the enemy, and this against any apparent reason, and even against the general feeling. It took a certain courage to do that !

Our fight which contributed more particularly to the success of the landing has been acknowledged by the high French and allied military authorities, and a thousand and six hundreds of our companions were decorated for war deeds right after the liberation :

4 had the Cravate de Commadeur de la Légion d'Honneur.

36 had the Rosette d’Officier.

127 had the Croix de Chevalier.

102 had the Médaille Militaire

550 had the Croix de Guerre.

750 had the Médaille de la Résistance

100 had the Rosette de la Résistance.

General de Gaulle who was not prodigious when grating distinctions, nominated our organisation to the Order of the Army, and awarded us the Croix de Guerre with palms. General Koenig whose victory in Bir Hakeim prompted General De Gaulle to say :"When in Bir Hakeim a beam of reviving glory came to flatter the bloody brow of our soldiers, the world recognised France", General Koening I was saying decorated our flag with the medal of the Resistance with a Rosette.

Despite those distinctions the Resistant railwaymen, did not lose their modesty, and after the war they simply went back to their work with courage to mend a badly damaged network.

Do I have to remind you that on the 6th of June 1944, after the sabotages and the bombardment, the destruction was already affecting :

10143 steam engines.

124 electrical locomotives.

198286 carriages.

2412 bridges.

43 tunnels.

We have not taken advantage of our fight to demand undeserved ranks. I have looked again at the files of our comrades, and I have noted about :

80% of private second class.

12% of corporal.

Some petty officers.

6% of second lieutenant, mainly among deportees.

As for those with a higher rank than second lieutenant, they are most of the time, engineers, officers of the reserve mobilised in 1939, with the rank of lieutenant or captain.

So we can proclaim high and loud that we have had a responsible behaviour, after the war as well as during the fighting.

As I was saying earlier on my dear Jacqueline, your promotion gives you a new authority to defender specificity, and the memory of our fallen brethren.

1156 Dead without sepulture in the camps out of 2480 victims of the concentration camps.

554 shot down, and 45 dead in the prisons under torture.

As a conclusion I would simply say that in Resistance-Fer we have keep on worshipping memory, and our social activity is exemplar. We are proud to have you as our companion of fight, and we proclaim high and loud that you do deserve this Croix d'Officier de la Légion d’Honneur.

 

 

POSTFACE de Jean-Louis ARMATI

 

La Guerre a été un extraordinaire révélateur de la valeur des femmes Déjà entre 1914 et 1918, elles ont supporté tout le poids, à l'arrière du front, de la vie économique et sociale du pays remplaçant dans tous les domaines les hommes mobilisés.

De 1940 à 1945 elles ont mené, à l'égal des hommes, les combats de la Résistance, souffert comme eux dans les camps et fait preuve d'une belle énergie.

En même temps que d'un ennemi obstiné et puissant, elles se sont libérées de la prépondérance masculine, des entraves d'une société élaborée par et pour les hommes.

Elles ont enfin gagné la reconnaissance de leur accessibilité non seulement aux vertus que Gide définit comme "privatives" (dévouement, soumission, fidélité) mais également aux vertus "affirmatives"

Dans ce récit pudique qui suggère plus qu'il n'affirme, Jacqueline Alexandre-Thirion fait la somme des souffrances endurées par des femmes dont la foi en un avenir meilleur et le courage forcent le respect et inclinent à l'humilité.

 

War has been an extraordinary revealing factor of the value of women, already during World War I, they bore all the load behind the lines of the social and economical life of the country, replacing in all domains the men that had been mobilised.

From 1940 to 1945, they fought the fights of the Resistance, just like the men did, they suffered in the camps, just like them and displayed a good deal of energy.

As well ass getting rid of the obstinate enemy, they also got rid of the preponderance of men, of the fetters of a society made up by and for men.

They finally earned the right to access not only the virtues that Gide used to call "privatives" dedication, submission, faithfulness), but also the virtues called "affirmatives".

In this modest account that suggests more than it states, Jacqueline Alexandre - Thirion summarises all the sufferings endured by women whose faith in a better future and whose courage compel respect and prompts us to humility.

 

 

062 - LOUIS BELLOT -:

MA VIE, MA GUERRE

GUERRE 1939/1945 - Captivité - Évasion

Écriture : 1989 - Édition Septembre 1989 - Pages 105

 

POSTFACE de Jean-Louis ARMATI

 

Les tranches de vie de Louis Bellot, nous font passer par de saisissants contrastes depuis les temps difficiles de ce début de siècle à la retraite heureuse et dorée de ses 86 ans.

Ce témoignage s'articule en quatre parties correspondant chacune à une époque :

La petite enfance, jusqu'à l'âge de 13 ans. C'est celle où Louis Bellot, confié par "l'Assistance Publique" à une famille pauvre de Lorraine vit heureux chez les braves gens qui l'ont recueilli et cela malgré la pauvreté. L'affection que cette famille lui témoigne compensera la pénurie de biens matériels.

L'adolescence, de l'âge de 13 ans au service militaire est sans doute la période la plus difficile parce que placé dans une ferme et exploité par des gens sans scrupules, le jeune Louis, de 4 heures du matin à 21 heures, soit pendant 17 heures chaque jour, six jours par semaine est employé aux travaux les plus pénibles et les plus sales.

Sa guerre, il la vit "drôlement" sans jamais combattre mais en retrouvant les travaux des champs d'abord puis en abandonnant le combat avant de l'avoir connu en subissant la loi du vainqueur dans les kommandos d'Autriche, en s'évadant enfin peu avant la fin de la guerre avec une facilité et une simplicité déconcertantes.

La quatrième et dernière période, car l'auteur ne nous dit rien des quelques 25 ans de vie active qui succèdent à la guerre est celle de la retraite paisible et heureuse si différente d'une jeunesse misérable.

La simplicité du ton, le naturel et la fraîcheur du style, donnent à ce témoignage sans fard, son accent de sincérité et d'authenticité, sa véritable dimension humaine.

 

The various stage of the life of Louis Bellot take us through striking contrast, from the difficult times of the beginning of the century, to his happy retirement at the age of 86.

This testimony hinges around four parts, each corresponding to a period.

The childhood, up to the age of 13, this is when Louis Bellot is placed by the Child Welfare in a poor family in Lorraine, he lives happily with those nice people who greeted him and that despite their poverty. The affection that this family will give him will compensate for the lack of material goods.

The adolescence, from the age of 13 up to his military service, this is no doubt the most difficult part of his life, as he is placed in a farm and exploited by unscrupulous people, young Louis is assigned the most painful and dirtiest tasks, from 4 in the morning until 9 in the evening, that is 17 hours in a row each day, six days a week.

He goes through his war, in a funny way, without ever fighting, but going back to farm work first of all, abandoning the fight without having even known it, submitted to the law of the winner in the Kommandos in Austria, escaping shortly before the end of the war with an incredibly easy and simple way.

The fourth and last period of his life, as the author does not say anything about his 25 years or so of active life that followed the war, is that of a happy and peaceful retirement, so different from a miserable youth.

The simplicity of the tone, the style fresh and natural convey to this plain testimony, its sincerity and authenticity, its true human dimension.

 

 

063 - DEBUICHE Victor -:

Á LA LUMIÈRE DE "LA" GUERRE

GUERRE 1939/1945

Écriture : 1986 - Édition Octobre 1989 - Pages 110

 

Préface du Général Louis PETIT

Intendant Général des Troupes de Marine

 

D'abord, laissez-moi vous exprimer mes vifs remerciements pour m'avoir confié votre manuscrit en première lecture et vous dire tout le plaisir que j'ai ressenti à découvrir votre cheminement "Á la lumière de "La" guerre".

Certes, je ne prétends pas faire ici oeuvre de critique averti - il faut laisser cela aux "professionnels" de la littérature - mais je vous dirai très simplement mon sentiment en tant que contemporain de la période que vous décrivez et qui s'étend de la guerre de 1914-18 à nos jours.

En premier lieu, il est bien vrai - ainsi que vous le soulignez fortement - que les hommes de notre génération ont été profondément marqués :

- par l'éducation qu'ils ont reçu au sein de leur famille montrant, jour après jour, l'exemple du courage et de la ténacité dans un contexte de vie souvent difficile

- par la formation au sens du devoir et à la discipline, inculquée par les maîtres d'école et les prêtres relayant l'autorité naturelle des parents

- et par les récits de nos proches ayant participé directement à la première guerre mondiale, toujours si présente au coeur de ceux qui, comme vous, étaient orphelins de guerre.

En fait, on peut penser que c'est tout cela qui vous pousse, dès 1932, alors que vous atteignez vos dix-huit ans, à faire de la préparation militaire et à envisager, avec enthousiasme, de faire votre devoir de patriote si, comme vous le pressentez bientôt, les nuages qui s'amoncellent dans le ciel de l'Europe avec l'avènement d'Hitler au pouvoir devaient conduire de nouveau à l'affrontement entre la France et l'Allemagne.

La déception et l'amertume n'en seront que plus grandes après le désastre de 1940 et le jugement que vous porterez sur nos dirigeants politiques et sur le Haut-Commandement sera d'autant plus sévère que vous aurez conscience d'avoir fait tout votre devoir comme sous-officier dans les rangs du 322ème R.A.T.T., rattaché à la 4ème DR. qui s'est illustrée notamment à Montcornet et devant Abbeville sous les ordres du Général de Gaulle, futur libérateur de notre pays.

En second lieu, sur la toile de fond des événements de guerre qui n'ont pratiquement pas cessé de par le monde, depuis votre prime jeunesse, j'ai particulièrement apprécié les développements ayant trait :

- à la vie quotidienne des familles paysannes de notre région, et aussi du Périgord que vous avez découverte après l'Armistice

- aux réactions, toujours marquées au coin du bon sens, qui sont les vôtres, devant les décisions ou les positions prises par les autorités civiles ou militaires, en particulier, pendant l'Occupation et à la Libération

- et aux sentiments qui vous animent dans vos rapports avec vos pairs ou vos subordonnés, traduisant votre sens de l'humain et votre attachement aux valeurs traditionnelles de notre civilisation.

Enfin, tout cela contribue à faire de votre récit - qui s'assimile à un "journal de marche" - une oeuvre d'autant plus attachante qu'elles est empreinte d'une grande sensibilité, de beaucoup de piété filiale et qu'elle met en valeur les qualités foncières de notre race, qualités héritées de générations d'hommes et de femmes profondément attachés à leurs traditions et à la patrie.

Actuellement, et plus que jamais peut-être, notre jeunesse a besoin de tels exemples d'enthousiasme, de courage, de volonté et de ténacité allant jusqu'au dépassement de soi-même dans les moments critiques et je pense qu'elle attend de nous que nous lui montrions la voie à suivre, en lui rappelant en particulier, que rien de solide ne peut s'acquérir sans peine, sans persévérance et sans foi en l'avenir.

C'est ce message que, j'en suis sûr, vous avez voulu délivrer en retraçant - au fil des conflits qui ne cessent malheureusement d'ensanglanter le monde depuis la première guerre mondiale - votre "itinéraire" jalonné de nombreuses péripéties, tragiques ou heureuses parfois cocasses, mais toujours orienté vers un Amour profond de la Terre et des hommes, impliquant l'Amour de la Paix à travers celui de la Patrie.

Ceci constitue, à mon sens, un vibrant message d'espoir qui ne peut manquer de toucher tous ceux qui, comme nous, ont déjà parcouru une grande partie du chemin et tous ceux qui, ayant l'avenir devant eux, cherchent encore un sens à donner à leur vie.

Merci encore pour ce beau "cadeau".

 

First of all, I would like to thank you very much for entrusting me with your manuscript as a first reader, and to tell you how much pleasure I took in following your progression "In the light of the war".

Obviously I do not claim to be act as an experience critic, this task behoves to the professional of literature, But I would simply say to you my feelings as a contemporary of that period you are describing and which goes from World War I to our present days.

First of all, it is quite true, as you firmly pointed out that the men from our generation have been deeply marked.

- By the education they received within their family, showing day after day the example of courage, of tenacity in a difficult context to live in.

- By the training to the sense of duty and discipline given by the school masters, the priests taken over the parental authority.

- By the accounts of our kins who had directly taken part in the first world war, still so present in the hearts of those, who as you are, were orphans of the war.

In fact, we can think that it is all that, as early as 1932, while you are only getting towards 18 years of age, that prompts you to do your military preparation, and to contemplate with enthusiasm to do your duty as a patriot, if as you seem to anticipate, the clouds that are looming in the sky of Europe with the rise of Hitler to power were to lead to a new confrontation between France and Germany.

The dillusion and the bitterness will be all the greater after the disaster of 1940, and the judgement you will pass on our political leaders and on the high commandment will be all the more severe as you will have the feeling of having accomplished your duty as second-officer in the ranks of the 322th RATT, linked to the 4th D.R. which became illustrious in Montcornet among others and in front of Abbeville, under the orders of General De Gaulle, future deliverer of our country.

Secondly, on the background of war events that have gone virtually uninterrupted in the world since your early childhood, I have particularly enjoyed the passages dealing with:

- The daily life of the families of the countrymen of our region, and also of Périgord, that you discovered after the armistice.

- The reactions always struck with the common sense which are yours faced with decisions or the positions taken by the civilians or military authorities, more particularly during the occupation period and during the liberation.

- The feelings that animate you during your relations with your peers and your subordinates, thus showing your sense of humanity and your interest for the traditional values of our civilisation.

Eventually, we can say that all that contributes to make of your account, which is akin to a diary of march, a work all the more gripping as it is pervaded by a great touch of sensitivity, by a great filial piety, and it sets forward the basic qualities of our race, qualities that were inherited by generations of men and women deeply attached to their traditions and their land.

Nowadays, more than never before perhaps, our young people need such examples of courage and willpower, of tenacity, going beyond oneself in the critical moments, and I think they expect us to show them the way to follow, reminding them that nothing strong can be built without pains, without perseverance, nor faith in the future.

This is the message, that no doubt, you have tried to convey by relating, through the various conflicts that unfortunately continuously have shaken the world since World War I, your itinerary marked by many adventures, some tragically, some happy, at times funny, but always tending towards a deep love of the land and of men, implying the love of peace through that of the fatherland.

This constitutes in my opinion a vibrating message of hope which cannot fail to move all those who like us already have accomplished a great part of their way, and all those who having the future in front of them, are still looking for a meaning to their life.

Thanks again for this beatiful "present".

 

 

POSTFACE de Jean-Louis ARMATI

 

Né dans la guerre, Victor Debuiche, en est marqué dès sa naissance: orphelin de guerre à un an, il n'aura pas connu son père trop tôt ravi à l'affection des siens.

Son récit débute en 1914 et se déroule au fil de l'histoire de notre vieux continent dans les soubresauts de deux guerres mondiales et de tant de conflits locaux.

Autobiographie et fresque historique, ce témoignage déborde largement le cadre strict du vécu de l'auteur pour embrasser largement les événements du XXème siècle. En même temps il présente une peinture vivante, riche et fidèle de la société rurale française de la première moitié de ce siècle et plus précisément des régions du nord de la France.

La guerre, "Sa" guerre, Victor Debuiche la décrit sans complaisance avec des accents de visionnaire et un instinct qui lui permet de flairer le danger, de devancer l'événement, de sauver ainsi sa vie et celle de ses compagnons d'armes à plusieurs reprises.

L'auteur laisse le témoignage d'un honnête homme, d'un ardent patriote qui a bien fait son devoir, tout son devoir et aspire ensuite pour lui-même et les siens à un monde de concorde et de paix qu'à la lumière de la guerre il aura appris à aimer.

 

Born with the war, Victor Debuiche, has been marked by war right from his birth, a war orphan at one year old, he will never know his father, taken away too soon to the affection of his loved ones.

His story begins in 1914 and unfolds with the history of the old continent in the turmoil of the two world wars and of so many local conflicts.

An autobiography and an historic epic, this testimony goes well beyond the strict boundaries life of the author, to widely encompass the events of the XXth century. At the same time it shows a living, rich and true picture of French rural society of the first half of this century, and more precisely of the northern regions of France.

War, "his" war, Victor Debuiche describes it without complacency, like a visionary and with an instinct which enables him to detect danger, and to anticipate the events, to save his life, and that of his companions of fight in several occasions.

The author leaves behind him the impression of a honest man, a staunch patriot who accomplished his duty thoroughly and yearns for himself and his loved ones for a world of concord and peace which he has grown to love after those years of war.

 

 

064 - ALLIBERT Marcel -:

FAIRE FACE POUR L'HONNEUR

GUERRE 1939 / 1945 - Résistance

Écriture : 1989 - Édition Novembre 1989 - Pages 50

 

AVANT PROPOS de l'Auteur

 

Cédant enfin aux amicales insistances de notre Président, Monsieur Michel El Baze et au voeu plusieurs fois exprimé par mon épouse très aimée sur son lit d'agonie, je me suis décidé à donner au premier tome, "Le Sang Des Garrigues", une suite, "Faire Face Pour l'Honneur" des souvenirs des "Combattants de l'Ombre", moins pour glorifier nos faits d'armes que pour rendre un ultime hommage à toutes celles et à tous ceux qui ont permis par leur aide bénévole mais à très hauts risques, que le combat contre l'Occupant nazi allemand et fasciste italien puisse être mené par l'Armée Secrète jusqu'à sa fin victorieuse : la libération de la parcelle du territoire national sur laquelle nous nous battions.

Or, cet hommage, je souhaite le faire précéder d'un témoignage de patriotisme que je dédie à une famille de braves gens parmi tant d'autres : la famille de mon épouse, vivant alors en zone Nord - dite Occupée, comme si la zone Sud était libre ! - où la Résistance prit une forme différente du fait de la sujétion immédiate au pouvoir nazi sans l'intermédiaire docile du Gouvernement de Vichy, sans l'excuse du prestige de l'ancien vainqueur de Verdun, le Maréchal Pétain.

Ce fut une Résistance spontanée, épidermique, presque viscérale, où chacun innovait de son mieux pour affirmer son amour de la France. Si les réseaux y prirent le pas sur les Maquis, c'est que le climat, la géographie, la main-mise permanente de l'Occupant, se prêtaient plus et mieux à la recherche du renseignement, à l'aide aux fuyards traqués, à l'action individuelle, qu'au combat armé des soldats de l'Ombre. Le Conseiller Général Maire de Forcalquier, M. Delmar et M. Roux, Président des Associations Patriotiques, ne s'y trompèrent nullement, eux qui confièrent à mon épouse l'honneur de porter la gerbe de la Résistance lors de la cérémonie commémorative de la libération de la ville, le 19 Août 1987.

Á cette famille, donc, les Villiard, de souche champenoise par le père et Bretonne par la mère née Couadou, il ne fut épargné aucune des affres de la guerre : les alertes répétitives, les bombardements, les fouilles, les prises d'otages, le rationnement et ses files interminables, la pénurie, le froid, la faim, la peur, la misère… Le père, ancien combattant valeureux de 14-18 (Croix de Guerre, etc), ancien zouave ayant parcouru à pied, auparavant, tout le Maghreb de Casablanca à Bizerte au cours des six ou sept ans de service militaire qu'on accomplissait alors fut remobilisé en 1939, puis rendu après l'Armistice, à la vie civile : un travail de bûcheron dans les environs de Paris au cours duquel il considérait comme tout naturel "d'emmerder le Boche" en aidant certains fugitifs recherchés, avec lesquels il partageait sa minable gamelle, à se cacher dans leurs cahutes de rondins. Tout comme son épouse trouvait non moins naturel de planquer dans leur cave un aviateur Allié dont l'appareil avait été abattu par la DA. allemande, un agent d'un réseau en fuite, un Juif traqué… prélevant sur sa maigre ration et plus petitement sur celle de ses deux enfants de quoi tromper un peu la faim du fuyard. Quant à ma femme, qui avait dix ans en 1944 mais en paraissait quinze, elle avait le tort d'être grande et belle, blonde aux yeux bleu.. Combien de fois dut-elle fuir les appels d'une recruteuse allemande qui invitait à grandes offres de friandises, les gamines de type aryen, comme elle, à monter dans sa calèche ? car il fallait alimenter le harem futur des nazis "beaux comme des dieux" afin de recréer cette race pure dont rêvait le Führer allemand ! Les fillettes qui acceptèrent de monter dans cette calèche n'ont jamais été retrouvées.

Si j'ai tenu à faire figurer cet hommage à une simple famille de France, c'est parce que j'imagine que les étudiants, chercheurs, historiens qui seront amenés à fouiller dans la Mémoire Collective engrangée par les Croix de Guerre et Valeur Militaire, n'auront pas forcément présentes à l'esprit les données concernant l'ambiance qui régnait pendant les Années Noires. Or, sans la prise de conscience de cette ambiance, ils risqueraient de passer à côté de la vérité historique que leur recherche aura justement pour but d'exhumer.

Et comme cette vérité n'avait pas le même accent au Nord qu'au Sud de la Loire, alors qu'il s'agissait cependant de la même France coupée en deux depuis des millénaires par le vieux fleuve, il conviendra pour les chercheurs de se référer sans cesse à la mentalité particulière des gens du terroir ayant donné naissance à la Résistance qu'ils auront à étudier.

Car le maître-mot de l'amour de la France, c'est le terroir.

Cet amour, enraciné au plus profond de la conscience du peuple français, n'est d'ailleurs pas incompatible - il l'a prouvé et le prouve chaque jour, ce peuple ! - avec l'amour porté aux autres nations de la terre, sans distinction de races, de religions, d'idéologies : de même qu'en cette année du bicentenaire de la Révolution, il est vain d'opposer République à Monarchie puisque l'actualité nous démontre qu'il coexiste des monarchies démocratiques et des républiques totalitaires (le seul pays où le peuple soit réellement souverain étant la Suisse), de même c'est un vain débat que d'opposer le Nationalisme à l'Internationalisme. Cela aboutit, in fine, à dresser plus de "murs de la honte et de rideaux de fer et de bambou" qu'à abattre de murailles des prisons d'opinion ou de barbelés des camps de la mort.

Se souvient-on de la réponse de Jeanne d'Arc à l'un des juges de son procès ? qui lui demandait si, en bonne chrétienne, elle aimait aussi les Anglais :

- Oui, dit-elle, mais chez eux !

Nous aussi, qui avons oeuvré pour une Fédération Européenne à l'heure où bien des chantres d'aujourd'hui de l'Europe Unie souillaient leurs premiers langes, nous aussi nous aimions bien les Allemands et les Italiens, mais chez eux… ou alors acceptant de combattre nazisme et fascisme à nos côtés et aux côtés de nos Espagnols et de nos Polonais… mais pas chez nous en tyrans tout-puissants de l'Occupation ! pas en vainqueurs absolus appliquant - eux et leurs séides - la vieille règle du Vae victis (malheur aux vaincus) qui les autorisait à frapper de mort, à tout moment, n'importe quel Français, avec ou sans torture préalable, avec ou sans déportation finale !

Je prends donc la liberté - toujours en pensant à la rude besogne qui attend chercheurs, historiens ou étudiants assoiffés d'Histoire authentique - de rappeler les conditions de survie qui régnaient en France, où la hantise du Primum vivere tenaillait tout un chacun.

Le Primum vivere incluait tout d'abord la lutte contre la dénutrition et le froid : quelques dizaines de grammes par jour d'un pain où n'entrait qu'à titre symbolique un peu de farine de blé… quelques dizaines de grammes de viande - et quelle viande ! - par semaine… deçà delà, certains mois, une aumône de matière grasse… la carte de tabac assurait bien quelques cigarettes quotidiennes, mais elles servaient le plus souvent de monnaie d'échange pour une pitoyable pitance, de même que les bons (ou points) de textile qui ne donnaient droit qu'à un tissu de fibranne rétrécissant à vue d'oeil à la moindre pluie ! les semelles des chaussures de nos compagnes étaient de bois ou de corde - claquettes ou espadrilles - le cuir étant devenu aussi introuvable que le crêpe ou le caoutchouc… quant aux tricoteuses, jeunes ou vieilles, jamais autant elles ne travaillèrent des aiguilles pour tirer de vieux chandails mités que le plus démuni de nos clochards dédaignerait, un gilet ou un pull dont mieux valait ne pas trop admirer de près l'harmonie des couleurs ! Il en était de même des chaussettes et des gants.

Restait le "marché noir" dit parallèle, où l'on trouvait tout, mais à hyper-prix… il était, d'évidence, réservé aux riches, aux nantis, aux bien pourvus, voire aux débrouillards qui n'usaient pas leurs forces à lutter contre l'ennemi.

Le Primum vivere incluait aussi la peur, non seulement des réactions de l'Occupant, souvent imprévisibles, mais surtout des mouchardages hostiles : n'importe quel envieux, jaloux, raciste, xénophobe, antisémite ou tout simplement méchant, pouvait, sur dénonciation même anonyme, envoyer à la torture, à la déportation, à la mort, le meilleur de ses amis comme le pire de ses ennemis.

Qu'en pensent certains profiteurs actuels des Droits de l'Homme et de l’Antiracisme ou ceux dont ils se proclament bien haut les ayant droit dont le silence fut alors plus éloquent qu'un aveu, sinon de complicité du moins d'impuissance ?

Le Primum vivere incluait enfin - et c'était peut-être cela le plus dramatique à long terme ! - la perte totale des Valeurs enseignées depuis l'enfance : la seule Loi qui demeurait après la tourmente de Mai-Juin 1940 était la Loi du plus fort, rejetant toute morale, tout sens civique, toute raison, tout respect de l'Homme.

Il ne restait qu'une ultime alternative : se coucher pour obéir à lèche-bottes, ou se battre debout comme si l'on était plus fort que le plus fort.

Ce fut cela, la vraie Résistance : le combat debout… pour la Survie, pour l'Honneur, pour l'Équité, pour le Droit d'être libre, pour la France !

J'ai jeté les derniers de mes souvenirs des Années Noires au vent d'hiver de la vieillesse qui les entremêle et les éparpille comme feuilles mortes.

Il ne faut y chercher ni chronologie stricte ni lien logique. Simplement, pour chacun d'entre eux, un nom de ville suivi d'un nom de personne situent le lieu de l'action et son acteur principal.

 

Giving up to friendly requests from our president, Mr Michel El Baze, and to the wish expressed several times by my beloved wife on her death bed. I finally set up my mind to give a follow up to the first volume "Le sang des Garrigues", it is "Faire Face Pour l’Honneur", some memories from the fighters of darkness, not so much to glorify our actions during the fighting as to pay a last tribute to all those men and women who have made it possible through their benevolent help, but very risky that the fight against the Nazi occupier and the Italian fascist be careered out by the secret army until the victorious outcome: the liberation of the plot of the national territory over which we were fighting.

Therefore, I want this tribute to be preceded by a testimony of patriotism that I dedicate to a family of nice people among many others : the family of my spouse, then living in the Northern zone of France, so called "occupied" as though the Southern zone was free ! in that zone the Resistance movement took a different form due to the direct submission to the Nazi power, without the docile work of the Vichy government, without the excuse of the prestige of the former victor of Verdun, Maréchal Pétain.

It was a spontaneous, natural, almost built in resistance in which everybody was doing its utmost to be creative to claim its love for France. If the networks became more important than the Maquis groups it is because the climate, the configuration of the land, the continuous control of the Nazi occupier made such tasks as the search for informations, the help for the pursued runaway, the individual action, easier than the armed fights of the army of darkness. The Conseiller General and Mayor of Forcalquier Mr Delmar and Mr Roux the president of the patriotic association were not mistaken in any way, when they entrusted my wife with the honour of laying the wreath of the Resistance during the commemoration of the liberation of the town on the l9th of august 1987.

This family, therefore, the Villiards, of Champagne origin through the father, and from Brittany through the mother, named Couadou, were spared from nothing during the war: the recurring alerts, the bombardments, the searches, the hostages, the rationing and its endless queues, death, cold, hunger, fear, misery. The father, a courageous veteran from World War I, former zouave who had beforehand walked across the whole Maghreb, from Bizerte to Casablanca during its six or seven years of military service, as it was the rule at that time, was remobilised in 1939, then went back top civilian life after the armistice, he worked as a lumber man in the outskirts of Paris, and during this job it seemed natural to him to get the hell out of the Germans. by helping some wanted runaways, with whom he would share his humble meal, to hide in their wooden cabins. His spouse used to find none the less natural to hide in their cellar an allied airman whose plane had been brought down by the Anti Aircraft defence, a runaway network agent, a hunted Jew, taking way from his meagre portion, and to a lesser extent from that of his two children a little bite in order to stave off the hunger of the runaway. As to his wife who was ten years old in 1944, but seemed to be fifteen, she had the misfortune to be tall, beautiful, blonde with blue eyes... How many times did she have to repeal the appeals from a German recruiting lady who was luring with sweets the young girls with an Aryan type to get into her cart, because they had to feed the future harem of the Nazis, beautiful like living gods, in order to recreate this pure race the Führer was dreaming about. The girls who accepted to get into that cart were never seen again.

If I have found it important to pay this tribute to a simple family from France, it is because I imagine that the students, the researchers, the historians, who will dig into the collective memory collected by the Croix de Guerre, will not have present in their minds the informations about the atmosphere that was prevailing during the dark years. Then without the understanding of this atmosphere they would run the risk of leaving aside the historical truth that their research was precisely meant to dig out.

And as this truth did not have the same ring in the North and south of the Loire valley while it was the same France cut into two parts since thousands of years by this old river, it will behove to the researchers to refer continuously to the particular mentality of the people from the land who gave birth to the Resistance movement that they will have to study.

Because the key word of the love of France, it is the land.

This love deeply rooted in the conscience of the French people is not incompatible, this people proved it and proves it every day, with the love born to the other people on earth, without any distinction of race, religion, ideology, in the same way it is useless to oppose republic and monarchy since the present world situation shows us that there exist at the same time democratic monarchies, and totalitarian republics, the only country where the people actually rule is Switzerland, likewise it is useless to oppose Nationalism and Internationalism. This leads in fine to erect more walls of shame of iron or bamboo curtains than to bring down walls of prisons of opinions or barbed wires from death camps.

Do we remember the response that Joan of Arc made to one of her judges of her trial who was asking her if as a good Christian she like the English:

- Yes, she replied, but in their own place !

We also worked for a European federation at a time when many of the present enthusiastic of a United Europe were still in their nappies, we also liked the Germans and the Italians but in their own place... or willing to fight, Nazism and Fascism with us or with our Spaniards and our poles... but not on our land as all mighty tyrant of occupations ! Not as absolute victors applying them and their accomplices, the old rule of Vae victis (curse be on the looser) who enabled them to strike to death at any moment any French person with or without torturing them beforehand, with or without deporting them eventually.

I therefore take the liberty, still bearing in mind the hard task which is expecting the researchers, the historians, or the students yearning for authentic history to remind them of the conditions of life that were prevailing in France, in which the fear of Primum vivere was gripping each of us.

The Primum vivere included first of all the fight against denutrition and cold : ...a few grams of a bread which only had a bit of wheat flour in it ...a few ounces of meat a week, but which meat. Some months a charity of fat... the voucher for tobacco did ensure a few cigarettes a day but was used most of the time as token money for a bit of food just as the vouchers for material which entitled you to a fibrous material shrinking in from of your eyes under the rain ! The soles of our wifes and girlfriends were made of wood or cords, flat shoes or sandals, leather had become as rare as crêpe or rubber. As for the knitting ladies, old and young never did they work so much with their needles to make some old moth eaten jumpers that even the poorest vagrant would disregard nowadays, jumpers the harmony of the colours of which it was better not to look to closely at. It was the same for socks and gloves.

The only thing that was left was the "Black market", so called parallel, where everything could be found but at a huge price, it was obviously meant for the rich, the well off, also to the crafty ones that were not using their strength to fight against the enemy.

The Primum vivere also included fear, not only from the reaction of the occupying forces, very often enforceable, but from the hostile spying, any anvious, jealous, racism, xenophobes, anti-Semite, or simply wicked could on a denunciation even anonymously send to torture, deportation, death, his best friend like his worst enemy.

What is the opinion of some of today's profiteers of Human rights and anti-Racism or of those whose heritage they claim to own and whose silence was more explicit than an admission, if not of complicity but at least of powerlessness ?

The Primum vivere included eventually, and that was may be the worst effect in the long run, the total loss of the values taught since childhood, the only law that prevailed after the turmoil of may-June 1940 was the law of the strongest, rejecting any kind of moral, any civic values, any reasoning, any respect for man.

There remained only one possibility, to bend down and obey blindly, or to stand upright and fight as though we were stronger than the strong.

That was real Resistance, to stand upright for survival, for honour, for equity, for the right to be free, for France.

I have thrown the very last of my memories to the ill wind of old age which is which mingles them and scatters them like dead leaves.

There is no strict chronology to be found, nor any logical link simply for each of them, the name of a town followed by the name of a person situates the place of the action and its main actor.

 

 

POSTFACE de Jean-Louis ARMATI

 

Ce sont les justes,

les sages

et les poètes

qui font le mieux la guerre

Alain (Propos)

Jeanne d’Arc, à son procès de Rouen répondit à ses juges qu’elle aimait bien les Anglais mais "chez eux". Les amis de Marcel Allibert ne détestent pas les Allemands, à condition qu’ils ne s’invitent pas chaussés de bottes et vêtus de vert de gris.

Il en a toujours été ainsi et le peuple de France, aimable et pas plus querelleur qu’un autre, à y bien regarder, est même plutôt hospitalier - n’en déplaise à certains détracteurs patentés - mais intransigeant, jaloux de sa Liberté lorsqu’il s’agit du choix de son destin, de ses institutions.

Le Général de Gaulle avait l’habitude de dire qu’il était d’un seul parti, celui de la France, et Léon Blum, à qui un émissaire venu le voir dans sa prison de Riom suggère de créer un mouvement socialiste de Résistance, répond qu’il n’est qu’une Résistance, celle de La France.

C’est aussi au Parti de La France qu’adhèrent Marcel Allibert, jeune étudiant en rupture de scolarité et tous ses compagnons de lutte : ouvrier, paysan, commerçant, bourgeois, prêtre, médecin, hommes et femmes sans distinction, sans concession. Ils ne veulent rien tant, qu’une seule chose :

"Qu’ils s’en aillent" et puis après on verra bien, on essayera de le construire, ensemble maladroitement, en tâtonnant, ce monde idéal de Justice et de lumière où l’Anglais et l’Allemand auront leur place mais aussi le Juif, le Noir, le Musulman, le banni car "tout homme a deux patries : La sienne et La France"

Le Parti de La France, c’est celui des humbles, des taciturnes, des laborieux de la semaine qui, au petit matin, avalent au lance-pierres le petit noir, le crème ou le blanc sec au comptoir et s’en vont le Dimanche jouer aux boules sous les platanes avec les copains, disputer la belote ou la manille au café de la place, faire danser les filles et pêcher au bord de la rivière ou sur la rive du canal.

C’est le Parti des Justes, des Sages et des Poètes qui font le mieux la guerre quand ils ne peuvent pas faire autrement.

 

The righteous,

the wise

and the poets

are the ones that wage the best of wars.

Alain (Propos).

Joan of Arc during her trial in Rouen replied to her judges that she liked the English in their own place. The friends of Marcel Allibert do not dislike the German if they do not wearing boots and green fatigues.

It has always been so, and the French people, pleasant not more badly tempered than any other come to think about it., can even be regarded as fairly hospitable, despite what some people might think, intransigent, jealous of its freedom when it comes to its destiny and its institutions.

General de Gaulle used to say that he only belonged to one party and that was that of France, and Léon Blum who was asked by a messenger to had come to see him in his prison in Riom to create a socialist resistance movement, answers that there is only one Resistance movement and that it is that of France.

It is also the party of France that Marcel Allibert joins, when he is a young student, cut off from his studies along with all his companions of fight, workers, merchants, clergymen, doctors, men and women without any distinction, without any concession there is only one thing they want :

"They want them out", and afterwards we will see, we will try to build it together, albeit with difficulties this ideal world of justice and of light, in which the English, the German will have their place, but also the Jew, the Black, the Muslim, because "every man has got to lands his own and France".

The Party of France, it is the party of the humbles, the silents, the industrious of the week, who at dawn gulp a dark coffee, or coffee with milk or a dry white wine at the bar and on Sunday go to play bowls, under the plane trees with their pals, play cards at the Cafe on the square, dance with the girls and fish by the river or by the canal.

It is the party of the righteous, of the wise, of the poets, who are the best at waging war when they have no alternative.

 

065 - BÉON Yves -:

PLANET DORA

( En anglais )

GUERRE 1939 / 1945 - Déportation en Allemagne

Écriture : 1985 - Réédition en anglais - Mai 1989 - 164 Pages

 

AVANT PROPOS de l'Auteur

 

Le camp de concentration de Dora près de celui de Buchenwald ouvrit ses portes à la fin de l’été 1943 pour les refermer en Avril 1945.

Entre ces deux dates, plusieurs dizaines de milliers de prisonniers de toute l'Europe et d'Asie Soviétique sont passés par ce camp maudit. Pour la plupart d'entre eux, ce fut leur dernière demeure, la fin du chemin. Le camp de surface, et l'usine souterraine, le Tunnel qu'ils avaient creusé et où ils construisaient les armes secrètes de l'Allemagne nazi, les fusées V2, ont dévoré des cargaisons entières de prisonniers. Leurs cendres ont fertilisé les belles plaines du Harz, en Saxe.

Certains, contre toute attente, on réussi à infléchir leur destin. Épuisés par la faim, la maladie, le froid, la misère, pourchassés par la sauvagerie des S.S., entourés par la mort, leur plus fidèle compagne. Ils refusèrent le désespoir et la destruction qui auraient été des échappatoires facile.

Chaque ligne, chaque mot dans ce livre est un hommage à ceux qui avec une dignité incroyable, on souffert et sont morts à Dora.

Mon corps n'a pas belle apparence, sur une balance il bougerait à peine l'aiguille. Ma peau est rongée par toute la misère et les maladies du monde. Je me suis transformé en chiffon, en lambeaux ; personne ne pourrait me regarder sans être effrayé et les miens seraient saisi d'horreur s'ils me voyaient, pas même un fou parierait un seul centime sur mes chances de survie. Voilà ce que Dora, ce modèle de camp de concentration et les S.S., ont fait de moi : un mort vivant, un zombie qui d'une pichenette a été envoyé dans l'au-delà, le paradis du détenu.

Mais ne vous y trompez pas, vous les S.S., et vous non plus Dora, camp maudit, la gloire du troisième Reich. Je sais que je n'en sortirai pas vivant, mais il vous faudra mettre le prix pour mon corps en lambeaux. Ne comptez pas sur moi pour commettre des erreurs qui vous faciliteront la vie pour faire une échec et mat. Je suis devenu un détenu trop vieux pour tomber dans ces pièges, ma peau, il faudra la gagner.

Á vous tous qui êtes autour de moi, à me regarder, je vous le jure, je ne céderai jamais.

Jamais...!

 

The concentration camp of Dora, close to that of Buchenwald, opened its doors at the end of the summer of 1943 and closed them in April 1945.

Between these two dates, several tens of thousands of prisoners from all over Europe and of soviet Asia passed through this cursed camp. For most of them this was their final setting, the end of the road. The surface camp and the underground factory, the Tunnel, which they dug out and where they constructed the secret weapons of Nazi Germany, the V2 rockets, devoured whole shipments of detainees. Their ashes fertilized the pleasant hills of Harz, in Saxony.

Some of them, however, against all odds, managed to outwit fate. Wasted by hunger, illness, cold, misery tracked down by the savagery of the S.S., surrounded by death, their most faithful companion, they refused the despair and destruction that would have been an easy escape.

Each line, each word of this book is a homage to those who, with an unbelievable dignity, suffered and died in Dora.

My body does not look too good on a set of scales it would hardly move the needle. My skin is rotted away by all the illness and miseries of the world, I've turned into a tattered rag, nobody could look at it without hand in their mouth, and my folk would be horror stricken, if they saw me. Not even a fool would bet a dime on my chances of survival. This is what Dora, this model of a concentration camp and the S.S. have made of me a living death, a zombie which with the slightest prod was sent to the way beyond, the convict's paradise.

But don't you be mistaken, you the S.S. And you neither, Dora, the cursed camp, the glory of the third Reich. I know I won't get out of here alive, it's impossible. But they'll have to pay the price for my tattered body. Don't count on me to commit the errors that will allow you an easy ' check mate ', I've become too old a concentrationee to fall into these traps. My skin, you'll have to earn it.

All of you who are around me, watching me, I swear, I will never give in.

Never !

 

 

POSTFACE de Jean-Louis ARMATI

 

Réaliste, le témoignage de Yves Béon l'est incontestablement, avec ses descriptions sans complaisance de l'univers concentrationnaire, sa peinture sans concession des bourreaux par délégation : Kapos, Vorarbeiter, Blockältester, Stubendienst…

Il l'est plus encore par l'humour se dégageant souvent du récit et qui en renforce la crédibilité.

Dans les situations les plus scabreuses, les plus dramatiques, le témoin met en valeur l'élément comique, scatologique, et c'est au moins la preuve de la solide santé mentale d'Yves Béon que loin de briser, l'épreuve et la douleur ont sublimé.

Ce pas de plus, obsession de toute son histoire vécue sur la planète Dora et qui lui a permis de "tenir" il vient encore de le faire en publiant ce récit.

En voilà un de ces "Untermenschen", de ces "Stück", que ces messieurs les S.S., Kapos, etc… croyaient avoir : en vérité, c'est lui qui les a eus.

Prima !

 

Yves Beon's testimony is undoubtedly realistic, with its unflourished description of the universe of the concentration camps, its depiction without concession of the torturers on orders : Kapos, Vorarbeiter, Blockältester, Stubendienst...

It is all the more so through the humour often coming forth from the account, which makes it all them ore credible.

In the most difficult situations, the most dramatic ones, the witness sets forth the comical, the scatological element, this is at least the proof of the mental sanity of Yves Béon, who far from being broken by the ordeal and the pain was sublimated.

This extra step, the obsession of the whole of the story he went through on the planet Dora, and which enabled him to hold out, he took it by publishing this book.

Here is one of those "Untermenschen", one of those "stuck", that the S.S., the Kapos thought they had taken in, in fact, he took them in.

Prima !

 

 

066 - ESPOSITO Clément -:

SOIXANTE ANNéES ONT PASSé !...

GUERRE 1914 / 1918

Écriture : 1978 - Édition Décembre 1989 - 17 Pages

 

POSTFACE de Jean-Louis ARMATI

 

Conscrit de la classe 18, venu de Bône, son cher pays, Esposito se souvient après plus de soixante années de ses combats avec le 4ème Régiment de Marche de Tirailleurs Algériens titulaire de la Croix de Guerre avec 5 citations et de la Médaille Militaire.

 

Conscript of the 1918 levy coming from Bone, his dear country, Esposito still remembers after more than 60 years, his fights with the 5th Regiment of March of the Algerian Infantry; he was awarded the Croix de Guerre with 5 nominations and the Military Medal.

 

 

067 - CAEN Robert -:

JOURNAL DE GUERRE

GUERRE 1914 / 1918

Écriture : 1978 - Édition Décembre 1989 - 17 Pages

 

POSTFACE de Jean-Louis ARMATI

 

En quelques phrases simples, dépouillées dans un style "télégraphique" scrupuleusement respecté Robert Caen donne des premiers mois de la guerre, entre le 3 août et le 23 décembre 1914 un aperçu tragique, par plans successifs.

Sa vision des événements est à la fois restreinte et claire, passionnée et lucide.

 

Ses réflexions, surtout au cours des premières semaines sont celles d'un observateur avisé

Le 7 septembre, il écrit : "Commencement d'une grande bataille" et le 8 : "La grande bataille".

Il ne savait pas alors qu'il participait à la bataille de la Marne qui ferait basculer le sort des armes

 

With a few simple and bare sentences, and with a telegraphic style, strictly rendered, Robert Caen gives of the first months of the war between the 3rd of August and the 23rd of December 1914, a tragically overview through a succession of images

His vision of the events is both restricted and clear, passionate and lucid.

His thoughts especially during the first weeks are those of a knowledgeable observer.

On the 7th of September he writes "Beginning of a great battle" and on the 8th "Great battle".

He did not know then that he was taking part in the Battle of the Marne which would overturn the course of events.

 

068 - DUBOIS Fernand -:

Á la rencontre de son destin

GUERRE 1914 / 1918

Écriture : 1915/1916 - Édition Février 1990 - 67 Pages

 

PrÉfACE de Jean-Louis ARMATI

 

C’est un authentique drame de la guerre parmi des centaines de milliers d’autres, que nous fait vivre, dans sa bouleversante simplicité, la correspondance adressée entre le 18 Septembre 1915 et le 5 Mars 1916 par le soldat Fernand Dubois à sa marraine de guerre Madame Odile R…

Trois autres lettres, l’une du frère de Fernand Dubois, Charles Dubois, les deux autres de son père puis de sa mère, achèvent le cycle des lettres rédigées par Fernand et servent d’épilogue à cette histoire.

Nous avons été fidèles au style de l’auteur et avons respecté la forme et l’orthographe employées dans ces lettres pour leur conserver toute leur fraîcheur, leur touchante sincérité, la forte impression de vie qui s’en dégage à travers l’enthousiasme naïf du jeune soldat ou le douloureux et profond chagrin exprimé par son frère et ses parents après son décès survenu le 12 Mars 1916.

 

We are living an authentically war drama among thousands of others, with its terrible simplicity, with the letters sent between the 18th of September 1915 and the 5th of March 1916, by the soldier Fernand Dubois to his war god-mother, Mrs Odile R...

Three other letters, one from the brother of Fernand Dubois, Charles Dubois, the two others from his father, then his mother, terminate the cycle of letters written by Fernand and are a conclusion to this story.

We have remained faithful to the style of the author, and we have stuck to the form and the spelling used in those letters to preserve their freshness, their moving sincerity, the strong impression of life which is coming out from them through the naive enthusiasm of the young soldier, or the painful and deep sorrow of his brother and parents after his death on the 12 of March 1916.

 

 

069 - RIGOLAT Raymond -:

LES OBSCURS

GUERRE 1939 / 1945 - RÉSISTANCE - DÉPORTATION

Écriture : 1989 - Édition Mars 1990 - 94 Pages

 

avant propos DU TÉMOIN

 

Pourquoi avoir attendu si longtemps pour témoigner de la Résistance et de la déportation ?

D’abord par une sorte de pudeur, la plupart des résistants et déportés ne tenaient pas à parler de leurs expériences ils avaient fait leur devoir tout simplement. Ils redoutaient de passer pour des jobards tellement certaines situations vécues paraissaient invraisemblables. En particulier pour la déportation, les sévices et méthodes employés par les nazis dépassaient l’entendement. Au sortir des camps, un de nos camarades le Général X… avait dit : "Ne racontez pas ce que vous avez vu on vous prendra pour des fous ou des menteurs".

Cependant les chiffres dans leur sécheresse sont incontestables : deux cent trente mille Français déportés, trente mille rescapés, 83 % de victimes sont restées dans les camps de la mort beaucoup mourront peu de temps après leur retour et ils ne sont plus qu’une poignée.

Certains révisionnistes remettent maintenant en cause l’existence des chambres à gaz, fours crématoires et autres charmantes attentions de nos bourreaux sans compter les multiples sévices préalables.

D’après eux (la plupart sont d’anciens collabos) les camps de concentration s’apparentaient plutôt à des colonies de vacances (drôle). Alors devant tant de mauvaise foi et d’ignominies, nous n’avons plus le droit de nous taire.

Pourquoi si tard ?

Les résistants et surtout les déportés (plus que cinq mille environ) avant de disparaître ressentent le besoin de faire profiter les jeunes générations de leur expérience dans la lutte pour la liberté. Il ne faut pas se voiler la face, nous avons eu aussi en France un gouvernement pro-nazi avec à sa tête le Maréchal Pétain.

Ce soi-disant sauveur de la France dupait les Français, beaucoup croyaient au début que le Maréchal jouait le double jeu. Cependant, il devenait de plus en plus évident que le Chef de "l’État Français" partageait beaucoup de conceptions idéologiques du nazisme, est son complice par les arrestations et livraisons de Juifs et de résistants, sans compter la répression, chasse, capture, torture. Dans plusieurs prisons de France, après un jugement sommaire, il faisait exécuter les patriotes par les GR. et autres mercenaires.

Depuis son arrivée au pouvoir le "Maréchal" n’avait cessé de donner des ordres pour résister… aux Anglais d’abord puis aux alliés. Au fur et à mesure des événements Pétain aurait dû dans l’intérêt de la France, au moins en dernier ressort, lors de l‘invasion de la zone sud le 11 Novembre 1942 rejoindre De Gaulle et les alliés au lieu de donner l’ordre de saborder notre flotte à Toulon. Finalement le Maréchal est parti dans les bagages des Allemands.

Le ralliement immédiat des troupes françaises d’Outre-Mer (des forces non négligeables) aurait écourté notablement la durée de la guerre avec tout son cortège de victimes, d’horreurs et de misères.

Sans compter sur la division des Français qu’il a réussi à dresser les uns contre les autres : collabos sincères au début (un quart), une bonne moitié de Français indécis, attentistes résultat de la propagande vichyste officielle, un quart d’irréductibles ayant l’esprit de résistance avec un pourcentage assez réduit d’actifs au début, il faut comprendre les risques encourus même pour une simple distribution de tracts destinés à combattre la propagande officielle.

Il fallait une bonne dose d’optimisme où d’inconscience pour se lancer dans la lutte active en 1941-1942-1943 les chances de survie étaient bien minces pas de calcul, intérêt, ni gloire en perspective, seulement des risques énormes, l’arrestation, la torture, ensuite l’exécution ou la déportation. Alors que Pétain répétait sans cesse "J’ai fait don de ma personne à la France" (quelle duperie), les petits, les humbles, les sans-grades souvent des jeunes payaient de leur vie leur attachement à notre pays et à la liberté.

Ces quelques pages en souvenir de mes chers compagnons et amis Louis Plantadis et Henri Aupert et tant d’autres fusillés et disparus dans les camps ils furent les obscurs.

 

Why should one have waited for so long to testify about Resistance and Deportation ?

First of all it was a kind of modesty, most of the Resistance fighters and the deportees were reluctant to talk about their experiences, they had done their duty and that was all. They were afraid that they might be taken for fools as some of the situations they lived were so unbelievable.

More particularly for deportation, the tortures, the methods used by the Nazis exceeded understanding. Coming out of the camps one of our comrades, General X.. had said : "Do not say what you have seen here, people would think you a fool or a liar".

The figured though are there, in all their bluntness, unquestionable, two hundred and thirty thousand French people deported, thirty thousand survivors, 83% of the victims remained in the death camps, many will die soon after their return and they will only be a handful left.

Some revisionists question now the existence of the gas chambers, of the crematory chambers, and other nice thoughts of our torturers, without talking of preliminary tortures.

According to them (many are former collaborators), the concentration camps were more like holiday camps (funny isn't it). So faced with so much dishonesty and disgrace we cannot keep silent.

Why so late ?

The resistants and the deportees (only 5000 or so left) before disappearing feel the need to communicate their experience to the younger generation in the fight for freedom. We must not veil our face, we also have had a pro Nazi government in France, headed by Marshall Pétain.

This so called saver of France was deceiving the French people. Many thought at the beginning that the Marshall was playing double game. However it was becoming increasingly clear that the head of the French State was sharing many of the ideas of nazism and was its accomplice with the arrests and deliveries of Jews and Resistants, without talking about repression, chase, capture, torture. In several prisons in France, after a summary judgement, he had the patriots executed by the G.R. and other mercenaries.

Since his arrival to power, the Marshal had never ceased to give orders to resist to the English first, then to the allied forces. As the events were unfolding, Pétain should have in the interest of France at least, as a last resort, during the invasion of the South zone on the 11th of November 1942, join forces with De Gaulle and the allied instead of giving the order to scuttle our fleet in Toulon. Eventually the Marshall left in the luggages of the Germans.

The immediate rallying of the Overseas French forces, and they were not negligible, would noticeably have shortened the duration of the war with all its train of victims, horrors, and miseries.

Without counting the division of the French people whom he managed to raise against each other : sincere collaborators at the beginning (one quarter), a good half of French people indecisive, waiting as a result of the official propaganda of the Vichy regime, one quarter of irreductibles who had the spirit of Resistance with a fairly small percentage of active resistants at the beginning, one has to understand the risk incurred for a mere distribution of leaflets meant to thwart the official propaganda.

It was necessary to have a good dose of optimism or inconscience to go into active fighting in 1941,1942,1943. The chances of survival were very slim. No calculations. No prospect of interests. Nor glory. only enormous risks, the arrest, torture, afterwards execution or deportation. While Pétain was endlessly saying that he had given his person to France (what a cheat), the small ones, humbles, most of the time young people were paying with their lives their attachment to our country and to freedom.

Those few pages in memory of my dear companions and friends Louis Plantadis and Henri Aupert and so many others gunned down and disappeared in the camps, they remained in the shadow.

 

 

POSTFACE de Jean-Louis ARMATI

 

Roland Rigolat décrit, pour l'avoir vécu le parcours classique du combattant de l'ombre d'un jeune adolescent qui refuse la défaite, brûle de rejoindre les Forces Françaises Libres mais le destin en ayant décidé autrement c'est en France au coeur du pays, en Limousin qu'il fait ses premières armes son apprentissage de la lutte clandestine.

D'abord limitée à des distributions de tracts et des manifestations son action va s'intensifier, se radicaliser du fait de la menace que représente pour lui le S.T.O. l'obligeant à rejoindre les maquis.

Cette épopée se traduit par une arrestation au cours d'une banale opération de récupération de tickets d'alimentation pour la Résistance et c'est l'engrenage des prisons: Châteauroux, Limoges, vaine tentative d'évasion, jugement et condamnation par le Tribunal Spécial, internement à la Centrale d'Eysses puis destination Compiègne simple étape avant la déportation en Allemagne.

Là c'est l'enfer du sinistre camp de concentration de Dachau et de son annexe d'Allach.

Dans sa conclusion, Roland Rigolat réaffirme son idéal de Résistant et sa volonté de continuer la lutte : "Notre rôle n'est pas terminé, nous devons toujours nous considérer comme des résistants à toute forme d'oppression servir d'exemple à la jeunesse..."

C'est ainsi que la plupart des anciens Résistants et Déportés conçoivent leur rôle aujourd'hui.

 

Roland Rigolat describes, because he went through it, the usual itinerary of the fighter of darkness of a young man who refuses defeat, yearns to join the Free French forces but as fate had it differently it is in France in the heart of the country, in Limousin that he has his first experiences of clandestine fighting.

First it was limited to the distribution of leaflets, and demonstrations, his action is going to intensify, to get more radical owing to the threat that the STO, represents for him, thus forcing him to join the Maquis.

This adventure ends up in his arrest during a simple operation to gather some food vouchers for the Resistance, then it is spiral of prisons: Châteauroux, Limoges, fruitless attempt to escape judgement and condemnation by the special court. He gets locked up in the Eysses prison, then sent to Compiègne, just a stop before being deported to Germany.

There he meets with the inferno of the Dachau concentration camp, and its dependency Allach.

In his conclusion, Roland Rigolat reaffirmed his ideal as a Resistant and his willingness to continue fighting : "Our duty is not over yet, we must always regard ourselves as Resitants to any kind of oppression, to be example for the younger generations..."

This is the way most former Resistants and deportees see their role today.

 

 

070 - SALIN André -:

VIE ET CAMPAGNES D’UN ARTILLEUR

GUERRE 1939 / 1945 - Algérie - INDOCHINE

Écriture : 1990 - Édition Avril 1990 - 160 Pages

 

POSTFACE de jean-Louis ARMATI

 

Une vie pleine de la guerre, car entre septembre 1939 et juillet 1961, soit pendant 22 ans, les Officiers de carrière comme André Salin n'ont guère connu de répit dans les combats et la vie de famille a du s'accommoder de toutes les servitudes et les vicissitudes du métier militaire. Si l'on considère que durant ce long parcours, 5 années, parmi celles qui sont les plus fécondes, les plus porteuses d'avenir dans une vie, ont été gâchées par la captivité, c'est un lourd sacrifice que les jeunes de la génération d'André Salin ont consenti.

Bien sûr l'auteur de ce témoignage a vécu aussi des heures exaltantes très éloignées du bonheur tranquille dans le pré qui constitue la grande ambition pour la majorité d'entre nous et certains peuvent lui envier la formidable amitié, forgée au feu de l'action, qui le lie à quelques uns des officiers d'active, ses chefs ou ses subordonnés retrouvés au hasard des missions et des affectations ou les oasis agréables et enrichissantes des voyages en pays exotiques entre deux batailles, de Langenargen à la baie d'Along, l'île de Tagne, le Cap Saint Jacques, Dalat, Angkor, Ifrane, Volubilis, le Tafilalet, le Sous ou le Sud Algérien.

Mais pour évaluer le prix de ces instants de bonheur il convient de déposer dans l'autre plateau de la balance la trahison ou l'incompétence de certains officiers pendant la bataille de France de 1940 qui valurent près de 5 ans de captivité à l'auteur, les affres de Thaï-Binh et de Van-Mon, du Tégmout et de Loverdo, avec chaque fois, en point d'orgue, le désespoir d'abandonner des populations civiles qui avaient accordé leur confiance à l'Armée française et lui avaient confié leur salut.

Á l'heure du bilan, seul André Salin en son âme et conscience a le droit de porter pour lui-même un jugement. Á chacun, selon sa sensibilité, de comprendre tout ce qu'il n'a pas voulu exprimer mais qu'il éprouve au fond de lui.

 

A life filled with war, because between September 1939 and July 1961, during 22 years therefore, the career officers like André Salin hardly had any respite in the fighting and their family life had to adjust to all the constraints and vicissitudes of military duties. If we consider that during this long path, five years among those that are the most fruitful ones, the one bearing the greatest amount of projects were wasted in captivity, it is a heavy sacrifice that the young people of the generation of André Salin were willing to make

Of course the author of this testimony has gone through exhilarating hours far away from the quiet happiness which represent the greatest ideal for most of us and some may envy his formidable friendship wrought during the fighting which ties him to some of the duty officers, his bosses, his subordinates whom he came across during the random missions or assignment, or in the pleasant and fruitful oasis of the journeys in the exotic countries, in between two battle, from Langenargen to the Bay of Along, the Tagne Island, Cape St Jacques, Dalat, Angkor, Ifrane, Volubilis, Tafilalet, and South Algeria.

But to access the price of those moments of happiness, it is necessary to put on the scale also the treason or the incompetence of some of the officer during the battle of France, which resulted in nearly five years of captivity for the author, the hardships of Thai-Binh, and Van-Mon, of Tegmout, or Loverdo, each time having as a main concern the despair of abandoning the civilian populations who had put their trust in the French Army and had trusted him for their salvation.

Now the time has come for him to make his assessment, and only André Salin, in his own conscience, has the right to pass a judgement on himself. It is up to each of us, according to its sensitivity to understand everything that he has not been willing to express, but that he feels deeply in him.

 

 

071 - TRIAI Raymond -:

RAIL CONTRE FUSéES

Résistance Fer

GUERRE 1939 / 1945 - Résistance

Écriture : 1989 - Édition Mai 1990 - 38 Pages

 

POSTFACE de Jean-Louis ARMATI

 

Nous connaissons tous la part importante prise par les cheminots dans la Résistance opposée à l'ennemi pendant la Deuxième Guerre Mondiale : un film désormais célèbre "La Bataille du Rail" exalte leur sacrifice et démontre l'étendue de leur action combattante.

Ils sont nombreux à avoir payé de leur vie l'accomplissement jusqu'à sa dernière limite d'une mission importante dont ils avaient été chargé et les plaques du souvenir apposées dans les gares attestent de leur courage et de leur abnégation.

Le témoignage de Raymond Triai intitulé "Rail contre fusées" apporte une connaissance complémentaire, pratique et détaillée sur l'organisation des réseaux de Résistance chez les cheminots, sur leur façon de recueillir et de communiquer à Londres les précieux renseignements qui permettaient ensuite aux pilotes de la RAF de détruire, voies de communications, matériel roulant et armement lourd si vitaux pour l'Armée Allemande dans cette zone interdite proche de la côte anglaise.

Dans cette lutte clandestine acharnée les cheminots risquaient tout autant de nos alliés que de nos ennemis d'alors : les bombardements intervenant nécessairement par surprise, ceux qui les avaient favorisés et guidés se trouvaient souvent sur les lieux visés par les bombardiers.

Ce témoignage est un acte de reconnaissance envers tous les cheminots qui à l'exemple de Raymond Triai ont "Fait leur métier dans l’honneur".

 

We all know the important part played by the railwaymen in the Resistance movement opposed to the enemy during World War II, a famous film " The battle of the Rail" praises their sacrifice and show the extent of their action in the fighting.

Many of them paid with their lives the accomplishment up to an extreme limit of an important mission which they had been assigned, and the memorial plates displayed in the Railway stations show their courage and their abnegation.

The testimony from Raymond Triai entitled "Rail against Rockets" brings an extra knowledge, practical and detailed about the organisation of the Resistance Networks among the Railwaymen, on their method to gather and to communicate to London valuable informations which then enabled the RAF pilots to destroy communication routes, rolling stock, and heavy weaponry so vital to the German army in this forbidden zone near the English coast.

In this clandestine fight we were equally at risk from our allied as from our then enemies, as the bombardments were taking place by surprise obviously, and those who had helped and guided the latter were often standing on the spots pinpointed by bombers.

This testimony is an act of thankfulness towards all railwaymen who following Raymond Triai's example did their job with honour.

 

 

072 - WINNINGER Georges-André -:

"BIDULE" AU MONT MOUCHET

GUERRE 1939 / 1945 - Résistance

Écriture : 1988 - Édition Juin 1990 - 40 Pages

 

 

POSTFACE de Jean-Louis ARMATI

 

Le Mont Mouchet est l'un des hauts-lieux de la Résistance et l'épopée racontée avec fierté par Georges-André Winninger confirme l'importance de ce maquis "Arverne".

Avec le Vercors, le Mont Mouchet a sans doute constitué la plus forte concentration de résistants et comme celui du Vercors, le maquis du Mont Mouchet fut anéanti par une violente attaque allemande. Mal équipés, surtout privés d'armes lourdes, mal entraînés, les jeunes mobilisés à la hâte, sans instruction militaire, ne pouvaient malgré des cas individuels d'héroïsme, tenir tête à l'Armée allemande.

La question se pose encore aujourd'hui de savoir ce qui poussa Coulaudon alias "Gaspard" à décider la mobilisation d'autant d'hommes à partir de la mi-mai 1944 en Margeride, alors que le débarquement allié n'avait pas encore eu lieu, que l'encadrement faisait défaut et que comme l'a immédiatement perçu "Bidule", l'organisation laissait beaucoup à désirer.

Pas moins de 5 départements furent ainsi concernés par cette mobilisation quasi générale et le Mont Mouchet bientôt saturé, il fallut orienter bon nombre de jeunes gens vers d'autres maquis proches, voire les renvoyer chez eux.

Quoiqu'il en soit le maquis du Mont Mouchet est devenu, à la suite des combats des 10 et 11 juin 1944, un symbole de la Résistance française à l'occupation allemande et un lieu de pèlerinage célèbre dans le monde combattant.

Nous sommes reconnaissants à Georges-André Winninger d'apporter par ce témoignage une vision personnelle d'un événement majeur des combats pour la libération de la France.

 

Mount Mouchet is one of the high spots of the Resistance and the epic proudly narrated by Georges-André Winninger confirms how important this Maquis in Arverne was.

Mount Mouchet probably constituted with Vercors the most important concentration of Resistance fighters and not unlike the Maquis in Vercors it was annihilated by a violent German attack. Ill equipped, but most of all deprived of heavy weapons, badly trained, the youngsters hastily mobilised without military training could not last for long, despite individual cases of heroism, in front of the German army.

The question can still be asked today about what prompted Coulaudon know as "Gaspard" to decide the mobilisation of so many men as early as mid may 1944 in Margeride, while the allied landing had not taken, place yet, that the guidelines were missing and that as "Bidule" realised immediately the organisation left a lot to be desired.

No fewer than five "Departments" were affected by this near general mobilisation and Mount Mouchet soon became saturated and a good number of the youngsters had to be directed towards other nearby Maquis or even sent back to their homes.

Anyway the Maquis of Mount Mouchet has become following the battles of the 10 and 11 June 1944, a symbol of the French Resistance to the German occupation and a famous place of pilgrimage for the world of fighters.

We are grateful to George-André Winninger to bring to us through this testimony a personal vision of a major event during the battles for the liberation of France

 

 

073 - CHANOT C. -:

MISSION ACCOMPLIE

GUERRE 1939 / 1945 - RÉSISTANCE

Écriture : 1944 - Édition Juillet 1990 - Pages 36

POSTFACE de Jean-Louis ARMATI

La relation de C. Chanot de deux missions auxquelles il participa dans la Résistance avant et après le débarquement du 6 juin 1944, donne de cette époque troublée une vision contrastée, paradoxale.

C'était le temps où une poignée d'hommes décidés suffisait à faire détruire une division blindée ennemie. C'était le temps où quelques uns souffraient pour des millions d'autres.

Au cours de leur mission de reconnaissance et à travers les formules lapidaires des compte rendus, C. Chanot et ses amis rencontrent de bien curieux personnages dont souvent le grade tient lieu de compétence qui agissent en despotes locaux ne reconnaissant aucun autre pouvoir que le leur.

Ces "Seigneurs de la Guerre" sont presque autant craints que l'occupant lui-même. Ce ne sont que réflexions désabusées sur "l'égoïsme et l'indifférence" des civils tandis que les Résistants prennent des risques. Sur les relations difficiles entre factions FFI rivales, l'encadrement inefficace les préoccupations politiciennes partisanes.

Le Panthéon des héros fait ici triste figure.

Pourtant, là comme toujours il suffit de quelques êtres lumineux pour faire oublier tout le reste.

 

The account that C. Chanot gave of the two missions in which he took part in the Resistance before and after the landing of the 6th of June 1944, gives a contrasted and paradoxical vision of this unsettled period.

It was the time when a handful of decided men were enough to destroy an enemy armoured division, it was the time when a few suffered for millions of others.

During their missions of reconnaissance and through the lengthy sentences of their reports, C. Chanot and his friends meet some really curious people whose rank very often stands instead of their competence who act as local tyrants acknowledging no other power than their own.

Those war lords were feared almost as much as the occupiers themselves. You only find disillusioned thoughts about the selfishness and indifference of the civilians while the fighters in the Resistance movement were taking risks, about the difficult relationships between rival F.F.I. factions, the inefficient management, the partial political preoccupations.

The pantheon of heroes looks pretty miserable there.

Still, here as anywhere else, it only takes a few bright fellow to redeem the whole lot.

 

 

074 - DEVENDEVILLE Rina -:

APATRIDE

GUERRE 1939 / 1945

Écriture : 1990 - Édition Août 1990 - 60 Pages

 

POSTFACE de Michel EL BAZE

Apatride !

Voilà lancé le mot terrible qui fait mal. Et pourtant, chacun de nous le fut à un moment de l’histoire de son Ethnie jusqu’à ce que la Mémoire nous apprenant dès l’école que nos ancêtres étaient les Gaulois, nous combattîmes alors avec la ferveur des assimilés pour la sauvegarde et l’honneur de la Gaule, et comme le fit Rina, derrière le Général de Gaulle;.

 

Stateless !

Here is the terrible word that hurts so much, and yet each of us was stateless at one point or another of the history of his people, until memory taught us that our ancestors were the Gauls, we then fought with the energy of